Haschich et poésie (2)

Les Nouveaux Chemins de la connaissance
Date de diffusion : 30.10.2007
Invité : Jacques Darriulat (professeur de philosophie de l’art à la Sorbonne)


L’usage des stupéfiants convertit l’apparence en une hallucination en laquelle le sujet s’absorbe et s’anéantit. En ces moments où la subjectivité, devenue « clair miroir du monde » (Schopenhauer), est pure spectatrice délivrée de toutes souffrances, le temps se dilate et prend les proportions de l’éternité. L’opium, et plus encore cet opium superlatif qu’est la poésie, a en effet ce pouvoir étrange de dilater le temps comme l’espace et de leur conférer une inquiétante présence : « L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes, / Allonge l’illimité, / Approfondit le temps, creuse la volupté, / Et de plaisirs noirs et mornes / Remplit l’âme au delà de sa capacité. » (Le Poison).

Haschich-et-poésie
  • 1. Le spleen, muse du poète.
  • 2. L'absence de sens de la pure présence.
  • 3. L'évolution poétique de Baudelaire.
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