Baudelaire et la photographie (4)

Les Nouveaux Chemins de la connaissance
Date de diffusion : 01.11.2007
Invité : Jacques Darriulat (professeur de philosophie de l’art à la Sorbonne)


Dans Le Peintre de la vie moderne (1863), dans un chapitre intitulé « L’art mnémonique », Baudelaire reprend et développe cette idée : une image « synthétique et abréviative », par exemple les paysages de Corot, parle à la mémoire, tandis qu’une peinture myope, achevée dans ses moindres détails, est incapable de susciter un tel effet. L’art de Constantin Guys, dessinateur à la mode sous le Second Empire, aux yeux de Baudelaire emblématique de la modernité, est avant tout un art mnémonique, qui ressuscite l’instant perdu et le saisit d’un trait allusif de son crayon : « Ainsi, dans l’exécution de M. G. se montrent deux choses : l’une, une contention de mémoire résurrectionniste, évocatrice, une mémoire qui dit à chaque chose : « Lazare, lève-toi! » ; l’autre, un feu, une ivresse de crayon, de pinceau ressemblant presque à de la fureur. C’est la peur de n’aller pas assez vite, de laisser s’échapper le fantôme avant que la synthèse n’en soit extraite et saisie. »

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  • 1. Le rire, signe d'une grandeur infinie et d'une misère infinie.
  • 2. L'hyperréel de la chose hallucinée.
  • 3. Horizontalité des correspondances chez Baudelaire.
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