« Candide », Voltaire

« Candide », Voltaire

Comment récuser un dogme ? Comment contredire une théorie qui ne s’expose jamais à la possibilité de sa réfutation ? Comment donner tort à celui qui choisit de n’être jamais pris en défaut ? Tel est le sens de la querelle à distance que Voltaire fait à Leibniz et dans laquelle, faute d’invalider ses principes, il parvient au moins à les tourner en dérision. De toutes les bagatelles (le mot est de lui) que Voltaire a écrites, Candide est peut-être la plus sulfureuse et la plus amusante. On trouve de tout dans ce conte fantastique : du sexe, du meurtre, de la guerre, de l’ennui, de l’esclavage, de la zoophilie, de l’amour (parfois), de l’humour (partout), du viol, de la vengeance, du hasard, de l’intégrisme et de la tolérance, bref : de la philosophie.

La semaine du 09-15 février 2015

« Le caractère du monde, écrit Nietzsche, est celui d’un chaos éternel, non du fait de l’absence de nécessité, mais du fait de l’absence d’ordre… » Contingence et nécessité ne sont pas fatalement contradictoires. D’ailleurs, agir « n’importe comment », n’est-ce pas agir « d’une certaine manière » ? C’est en vertu de cette étrange synonymie que nous avons choisi, aujourd’hui, de publier ensemble un cycle d’émissions sur Marx et un autre sur le hasard… et d’y ajouter, simultanément, les émissions que le Gai Savoir consacre à Candide de Voltaire (comment dire que ce monde est le meilleur des mondes possibles ? et comment contredire celui qui l’affirme ?) et à Loin de moi de Clément Rosset, qui décline à la question identitaire l’introuvable dialectique du hasard et de la nécessité. »