Bergson : l’autre monde impossible

Bergson : l’autre monde impossible

Quand, sous le titre de La Pensée et le Mouvant, Bergson publie une série d’articles rédigés entre 1903 et 1923, c’est un homme considérable, malade, académicien, noblis, mondialement connu, recouvert de décorations, de félicitations… Un posthume en fin de vie. Un monument de son vivant. C’est l’heure des bilans et des médailles. Pourtant, loin de rédiger un testament philosophique et de prendre congé de ses lecteurs, Bergson reprend tout ses débuts, ou presque. Et loin d’offrir un résumé à ses lecteurs, leur propose le dernier beau geste d’une pensée joyeuse et mouvante dont on s’inspire mais dont ne fait jamais le tour. Jugez plutôt…

Plotin : une terrible beauté

Plotin : une terrible beauté

Le philosophe Plotin téta sa nourrice jusqu’à l’âge de huit ans. A l’exception de quelques frictions dorsales, il négligeait résolument de se laver ou encore de se soigner. Il souffrait aussi d’un flux de ventre qui le rendait pestilentiel et contraignait ses amis à changer de trottoir quand ils le croisaient. Quand les malheureux qui lui frictionnaient le dos moururent de la peste, il attrapa une esquinancie, qui, détruisant sa gorge, le rendit presque inaudible.

La semaine du 16-22 février 2015

Lucien Jerphagnon est le dernier-né d’une famille de pensée dont la source vive est une brèche dans la pensée de Platon. L’enjeu n’est plus ici de saisir la vérité sous l’apparence, mais le singulier sous l’ordinaire : après Plotin, Saint-Augustin, Eckhart, Pascal, Bergson et Jankélévitch, le jeune Jerphagnon s’aventurait, à sa manière, sur les sentiers d’une science intuitive avec, pour unique boussole, le remplacement, via la beauté, de la vérité par l’évidence. Et comme la pensée n’a pas d’âge, c’est de Bergson, l’ancêtre et le jumeau de Jerphagnon, que nous vous parlons cette semaine, en compagnie d’Arnaud Bouaniche et Florence Caeymex. Vous retrouverez également deux Gai Savoir : Bergson : l’autre monde impossible et Plotin : une terrible beauté.