« Candide », Voltaire

« Candide », Voltaire

Comment récuser un dogme ? Comment contredire une théorie qui ne s’expose jamais à la possibilité de sa réfutation ? Comment donner tort à celui qui choisit de n’être jamais pris en défaut ? Tel est le sens de la querelle à distance que Voltaire fait à Leibniz et dans laquelle, faute d’invalider ses principes, il parvient au moins à les tourner en dérision. De toutes les bagatelles (le mot est de lui) que Voltaire a écrites, Candide est peut-être la plus sulfureuse et la plus amusante. On trouve de tout dans ce conte fantastique : du sexe, du meurtre, de la guerre, de l’ennui, de l’esclavage, de la zoophilie, de l’amour (parfois), de l’humour (partout), du viol, de la vengeance, du hasard, de l’intégrisme et de la tolérance, bref : de la philosophie.