La Tempête, ou comment se débarrasser de la magie… Shakespeare

La Tempête, ou comment se débarrasser de la magie… Shakespeare

« Reprenez-vous, Monsieur ! Notre fête est finie. Nos acteurs, des esprits, vous avais-je dit, se sont évaporés dans l’air, l’air si léger, et comme cette vision, qui est sans substance, nos tours aussi, couronnées de nuées, nos palais somptueux, nos temples augustes, et même ce vaste globe et ceux qui y vivent, tout se dissipera sans laisser au ciel une ride… Oui, comme a disparu cette ombre de spectacle, nous sommes de l’étoffe dont les songes sont faits. Notre petite vie est au creux d’un sommeil… Mon ami, je m’égare, pardonnez-moi ! Mon cerveau a vieilli, quelque chose le trouble. Mais ne prenez pas garde à cette défaillance ! Plutôt, s’il vous agrée, allez vous reposer dans mon logis tandis que moi je marcherai un peu, pour apaiser mon cerveau qui bat la chamade… »