Le Voyageur et son ombre – Nietzsche

Le Voyageur et son ombre – Nietzsche

Combien de fois dans l’existence partez-vous la fleur au fusil, avec l’intention de vous rendre quelque part… avant qu’un hasard, une rencontre, un imprévu, un continent qui se dresse devant votre caravelle sur la route des Indes, ne vous rappelle que l’essentiel est de ne pas savoir où nous allons. Les vrais voyageurs, ce sont des vagabonds.

La Tempête, ou comment se débarrasser de la magie… Shakespeare

La Tempête, ou comment se débarrasser de la magie… Shakespeare

« Reprenez-vous, Monsieur ! Notre fête est finie. Nos acteurs, des esprits, vous avais-je dit, se sont évaporés dans l’air, l’air si léger, et comme cette vision, qui est sans substance, nos tours aussi, couronnées de nuées, nos palais somptueux, nos temples augustes, et même ce vaste globe et ceux qui y vivent, tout se dissipera sans laisser au ciel une ride… Oui, comme a disparu cette ombre de spectacle, nous sommes de l’étoffe dont les songes sont faits. Notre petite vie est au creux d’un sommeil… Mon ami, je m’égare, pardonnez-moi ! Mon cerveau a vieilli, quelque chose le trouble. Mais ne prenez pas garde à cette défaillance ! Plutôt, s’il vous agrée, allez vous reposer dans mon logis tandis que moi je marcherai un peu, pour apaiser mon cerveau qui bat la chamade… »

L’Illusion comique – Corneille

L’Illusion comique – Corneille

« Je te donne le choix de trois ou quatre morts ; / Je vais, d’un coup de poing, te briser comme verre, / Ou t’enfoncer tout vif au centre de la terre, / Ou te fendre en dix parts d’un seul coup de revers, / Ou te jeter si haut au-dessus des éclairs, / Que tu sois dévoré des feux élémentaires. / Choisis donc promptement, et pense à tes affaires. »

Voyage au bout de la nuit – Chez les Henrouille (4)

Voyage au bout de la nuit – Chez les Henrouille (4)

Notre vie est un voyage, dans l’hiver et dans la nuit. Nous cherchons notre passage, dans le ciel où rien ne luit. Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé.

La Ferme des animaux – Orwell

La Ferme des animaux – Orwell

« Prêtez l’oreille à l’espérance. Un âge d’or vous est permis… l’homme tyran exproprié, nos champs connaîtront l’abondance, de nous seuls ils seront foulés, le jour vient de la délivrance. Plus d’anneaux qui pendent au nez, plus de harnais sur nos échines, les fouets cruels sont retombés éperons et morts sont en ruines… Bêtes d’Angleterre et d’Irlande, animaux de tous les pays, prêtez l’oreille à l’espérance, un âge d’or vous est promis… »

Le Gai Savoir est Charlie

Le Gai Savoir est Charlie

Qui caricature l’Islam ? Le dessinateur, ou le fanatique ? Celui qui rigole, ou celui qui tue ? L’anarchiste, ou l’assassin ? Où est le blasphème ? Dans le fait de représenter le prophète, ou dans le fait de tuer ceux qui s’y essaient ? Ce n’est pas Charlie Hebdo que les frères Kouachi ont tué, c’est Dieu lui-même – qui meurt chaque fois que l’incrédulité se déguise en fanatisme.

Mrs. Dalloway – Virginia Woolf (I)

Mrs. Dalloway – Virginia Woolf (I)

« Mrs Dalloway dit qu’elle irait acheter les fleurs elle-même. » Ainsi commence l’aventure d’une journée, de juin 1923. Et le livre éponyme, enchanteur, de la grande Virginia Woolf, un fragment de réel offert en partage par celle qui ayant tout compris, vécut au-dessus de ses moyens avant de mourir comme l’un de ses personnages.