Variations discrètes de places…

Le 11 Décembre 1914 Elisabeth Carré de Malberg envoie deux cartes postales: l’une à François Carré de Malberg son cousin, et l’autre à Jean Chenest, un des frères de Pierre. Sur ces deux cartes le corps médical de l’ambulance du Lycée Malherbe de Caen. J’ai mis un moment à m’apercevoir que ces deux cartes n’étaient pas les mêmes… Elles marquent, par un jeu subtil de positions, l’entrée  dans cette conversation des absents d’un jeune médecin: André Jacquelin.

11 Décembre 1914, Carte d’Elisabeth Carré de Malberg à François Carré de Malberg

Je voudrais pouvoir t’envoyer quelques bonnes tartines comme celles que je te faisais lorsque tu étais malade…

Le corps médical, carte postale à François carré de Malberg, 11 décembre 1914 Le corps médical, carte postale à François Carré de Malberg, 11 décembre 1914

Caen – 11 décembre 1914

Regarde bien, je suis à côté du major…
Ta lettre m’a fait bien plaisir, depuis j’ai eu de tes nouvelles parce que j’ai été à Paris… 2 jours, pour la prise d’habit de Suzanne.
J’ai vu Odile, mais il y a une bonne partie du programme qui a été tout à fait manquée : il est décidément bien sourd[1], même à mon appel!
Que se passe-t-il donc en Hte Alsace ; les communiqués parlent beaucoup de cette région mais ils sont toujours bien peu explicites ? Donne-nous. quelques nouvelles. – Je voudrais pouvoir t’envoyer quelques bonnes tartines comme celles que je te faisais lorsque tu étais malade, mais figure-toi que la vicomtesse se refuse à nous fournir de son beurre si délectable.

Très affectueusement.
Lily

[1] Allusion à la surdité réelle de Pierre Chenest et à son indifférence vis à vis d’Elisabeth.

 

Jean Chenest Jean Chenest

11 Décembre 1914, Carte d’Elisabeth Carré de Malberg à Jean Chenest

Bonne chance toujours, mon cher Jean

Le corps médical, carte postale à Jean Chenest, 11 décembre 1914 Le corps médical, carte postale à Jean Chenest, 11 décembre 1914

Caen – 11 Décembre 1914

En réponse à ta carte symbolique ou non ! – je t’envoie celle-ci sur laquelle tu trouveras ma gracieuse personne entourée de tout le corps médical de mon ambulance. Nous sommes très gais dans ma salle de pansements et pourtant on fait du bon travail ! – Paul Louis surveille toujours les Boches d’en face et leur correspondance : il est obligé de lire tant de lettres que lui-même n’a plus le courage d’en écrire. C’est ce qui explique son silence. – Bonne chance toujours, mon cher Jean et très affectueusement à toi.

Lisbet

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