Roulé par une marmite

Odile continue à envoyer des nouvelles de Pierre Chenest à sa cousine : Pierre a été roulé par une marmite. Les blessés sont rarement envoyés à Paris. Cette pratique continuera jusqu’à la fin de la guerre, pour empêcher que la propagande soit contredite ou que les idées pacifistes ne se répandent.  Pourtant, une nuit on sonne chez Madame Chenest…

Enveloppe avec une petite photo de Pierre Chenest cachée dans le rabat. Enveloppe avec une petite photo de Pierre Chenest cachée dans le rabat.

Agrandissement de la photographie de Pierre Chenest (taille réelle 2cm par 1,5cm) Agrandissement de la photographie de Pierre Chenest (taille réelle 2cm par 1,5cm)

Petit papier  écrit par Odile Carré de Malberg et envoyé à Elisabeth caché dans la doublure d’une enveloppe.

 

Voilà qui va réparer singulièrement la mauvaise impression que tu as eue de sa dernière lettre. L’oncle Paul nous écrit à l’instant que Pierre a été roulé par une marmite[1], qu’il s’est relevé légèrement blessé au visage à demi-sourd et la capote en lambeaux. Il a été transporté à Sainte-Menehould, on a voulu l’envoyer à Troyes mais il a refusé disant qu’il voulait retourner au front. Tu peux être fière de lui, il n’a pas froid aux yeux puisqu’il veut retourner au danger malgré sa blessure. J’espère pouvoir te donner bientôt de nouveaux détails quand je serai à Paris. Puis-je écrire sans danger sur une lettre ordinaire ?


[1] Dans l’argot des combattants, désignation des projectiles allemands de 420mm par les soldats français, en particulier des Minenwerfer sans doute en raison de leur forme et de leur poids.

Lettre de Pierre Chenest à sa mère du  5 ou du 6 novembre recopiée par d’Odile Carré de Malberg pour Elisabeth Carré de Malberg (lettre secrète) 

Mais le pire était leurs bombes ! Ils nous en lançaient sans discontinuer d’abord en avant puis en arrière. Il était clair que cela allait finir par tomber sur nous, cela n’a pas manqué. On arrive à un état d’esprit voisin de la résignation…

 Je t’écris de l’hôpital St Charles de Sainte-Menehould ou j’ai été évacué avant-hier pour quelques jours seulement. La cause ? Une sale bombe qui m’a vaguement écorché la figure mais qui m’a fichu une telle commotion que j’ai été projeté par terre abasourdi et fort dur d’oreille.

Mais cela va bientôt finir je pense et il est plus que probable que demain je pourrai regagner mes trous. On avait tout d’abord voulu m’évacuer sur l’hôpital de Troyes, mais j’ai trouvé que c’était bien exagéré pour ce que j’avais. Aussi ai-je réussi à ne pas aller plus loin qu’ici. La dernière fois que je t’ai écrit, j’étais au repos, je crois.

Le 5 au soir, nous avons reçu l’ordre d’aller relever un bataillon qui occupait des tranchées à St Hubert. C’est, je crois, la plus sale place qu’il y ait dans tout le pays. Ma tranchée à moi à 15m par endroits, 25 à 30 m à d’autres des Allemands. C’est te dire qu’il ne fallait pas trop risquer une tête imprudente au dessus du parapet. Ils tiraient admirablement et dès qu’un de nos fusils se montrait une grêle de balles nous tombaient dessus nous couvrant de terre. Mais le pire était leurs bombes ! Ils nous en lançaient sans discontinuer d’abord en avant puis en arrière. Il était clair que cela allait finir par tomber sur nous, cela n’a pas manqué. On arrive à un état d’esprit voisin de la résignation : Je ne voyais pas le moyen de les empêcher je ne savais même pas ou ils étaient exactement ; devant nous il y avait des monticules de terre partout. Derrière lesquels étaient-ils ?…

…. Alors nous allions à l’aveuglette tandis qu’ils nous tiraient dessus comme sur des pipes à la foire !… C’est un sale endroit, je te garantis ! Aussi je ris quand tu me demandes si notre vie de tranchées est conforme à ce que met l’Echo de Paris. Ah fichtre non !… La relève se fait la nuit ; on n’emploie pas les chemins qui sont battus par l’artillerie. En ce moment, il y a clair de lune, on voit mais quand il fait noir, c’est effrayant : on ne voit pas à 2 mètres. Alors on marche par un, en se tenant les uns les autres à la queue leu leu ; mais souvent la chaîne se brise et on est là dans le noir, ne sachant pas du tout où on est. Même quand on connaît la partie du bois où l’on est on se perd.  L’autre jour, une section vient me relever ; je connaissais très bien le chemin l’ayant fait pendant le jour eh bien à minuit, c’est un pays nouveau pour moi. On voyait si peu que je suis tombé dans une tranchée que je ne voyais même pas ; on marche comme des aveugles. Il est arrivé que des soldats sont allés sur les lignes allemandes croyant aller en sens contraire.

Quand il fait clair de lune c’est une autre affaire : des Prussiens vous voient et vous canardent. Mais j’aime encore mieux le clair de lune, tout de même. Ce n’est rien du tout la vie de tranchées de l’Echo c’est du repos !!

Pas moyen ici d’aller aux cabinets ! On fait un petit boyau partant de la tranchée et aboutissant à un trou c’est là qu’on fait ses besoins. Il serait fort dangereux de faire autrement. Aussitôt dans les tranchées on creuse on améliore on fait des boyaux de communication, il faut leur donner une forme en zigzags pour éviter d’être pris en enfilade.

Enfin, je suis en passe de devenir officier du génie ?

Pour en revenir à ma bombe, c’est ma pauvre capote qui a souffert ! En loques ! On se demande comment on n’a pas été plus atteint !
Enfin, ça va très bien !

Je t’embrasse.

Pierre

Lettre envoyée le 17 Novembre 1914 par Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg à l’ambulance du Lycée Malherbe de Caen (lettre secrète)

Quand la bombe est tombée elle a tué un homme dont Pierre a été éclaboussé de la cervelle, et enlevé toute la chair d’une jambe d’un autre. Il était avec 30 hommes et devait tenir 6 jours, au bout de 2 jours il y en avait déjà 20 de blessés et tués.

Ma Lisbeth chérie, je l’ai vu, parlé et touché. Il est au Val-de-Grâce et vient toutes les après-midi chez lui. Ah comme j’ai pensé à toi durant cette après-midi que je viens de passer avec lui ! Il est arrivé hier à 1h du matin, il a frappé à la porte sa mère ouvre et se trouve en face d’un scandinave barbu, en loques méconnaissable. Cela a été un véritable coup. Il avait demandé à venir à Paris plutôt qu’à Troyes où on voulait l’évacuer. Pendant 3 h sa mère lui a hurlé dans les oreilles car il est sourd comme un pot. Il n’entend même pas le bruit infernal des voitures à Paris. Cet après-midi il est arrivé pendant le déjeuner, aussitôt cela a été des cris et des hurlements épouvantables de notre part pour lui faire comprendre  nos paroles, lui calme et souriant entendait à peine le tapage que nous faisions, et moi je me tenais les côtes de rire. Je suis exténuée d’avoir tant crié. Il a une lésion dans le tympan droit et une hémorragie de je ne sais quel nom, enfin il guérira.

En attendant il nous raconte des histoires fort intéressantes que je voudrais pouvoir te rapporter mais c’est trop long malgré ma bonne volonté. Je me suis contentée de te recopier sa dernière lettre que je t’envoie à l’ambulance encore de peur de te compromettre. Vois-tu je parle trop de lui alors je serais gênée de le faire si je t’envoyais la présente épître chez toi.

Pierre a paru enchanté de me voir, il m’a montré fièrement sa capote toute déchirée et raccommodée, il n’a eu qu’une toute petite égratignure au visage qui n’y paraît déjà plus. Ce qui est embêtant c’est sa surdité. Quand la bombe est tombée elle a tué un homme dont Pierre a été éclaboussé de la cervelle, et enlevé toute la chair d’une jambe d’un autre. Il était avec 30 hommes et devait tenir 6 jours, au bout de 2 jours il y en avait déjà 20 de blessés et tués.

Il raconte que ces tranchées sont affreuses et pas du tout comme on les décrit dans les journaux et que jamais un officier supérieur n’est venu les visiter. Ils sont tellement près des Allemands qu’ils les entendent rire et chanter.

Je suis très fière de mon cousin car il est épatant je t’assure, il a un moral excellent et ne m’émeut pas du tout de sa surdité qui n’est pourtant pas drôle et qui durera on ne sait combien de temps.

Je lui ai dit que tu t’inquiétais beaucoup sur son sort, il a fait un ah flatté, je lui ai hurlé qu’il fallait qu’il t’écrive, il a répondu « pour qu’elle me fasse faire ma graphologie[1] ». En tout cas attends-toi a recevoir quelque chose un de ces matins.

Je lui ai reproché de ne pas exprimer assez dans ses lettres ses impressions, il m’a dit qu’il n’avait pas le temps, et puis que c’était très pénible et qu’il avait beaucoup souffert.

Ah que je voudrais te céder ma place un instant chère cousine chérie car je sais bien le plaisir que cela te ferait. Cécile apporte à l’instant des photos de lui prise quand il avait sa barbe, il est tordant et cela je trouve lui va très bien.

Je voudrais bien t’en envoyer une mais je ne sais comment faire, enfin je vais tenter la demande mais je n’ose pas.

Je t’écris chez les Chenest. Geo est en face de moi qui fait du dessin d’architecture. J’ai fait tes commissions à Mad qui t’écrira je pense.

Baisers tendres de ta petite cousine.

Odile

Nous sommes à Paris depuis hier soir à 7 h. Tout est calme ici.
Paris 17 octobre 1914[2]

(Rajouté côté gauche de la lettre) Il me semble que Pierre n’est plus le même homme, il a beaucoup gagné je crois. Le métier militaire lui plaît.

[1] Elisabeth Carré de Malberg était passionnée de graphologie.
[2] Il s’agit sans doute d’une erreur (ou d’une fausse piste…) Pierre a été blessé début novembre…

Lettre envoyée le 18 Novembre 1914 par d’Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg au 2 rue du XXème siècle à Caen (lettre officielle)

Il est allé tout de suite dès son arrivée chez sa Mère à 2h du matin qui s’est trouvée bien surprise d’être en face d’un individu barbu et en loques qui était son fils.

 Paris 18 novembre 1914

Ma cousine chérie. Nous sommes enfin à Paris depuis lundi soir. J’en suis bien ravie car la capitale est très intéressante en ce moment avec ce mélange d’uniformes anglais, français et belges qui grouillent dans les rues. Par exemple il n’y a pas énormément de blessés car on évite d’en mettre dans le camp retranché de Paris. La vie n’est pas chère du tout et on voit sans cesse des avions français voltiger au-dessus de la ville pour la sauvegarder des bombes teutonnes.

Maman part demain pour Belfort ; Papa lui a envoyé un permis de séjour pour 48 heures, ce n’est pas beaucoup ; enfin elle pourra aller aussi à Audincourt ce qui prolongera son séjour auprès de Papa. Maintenant nous lisons ce matin dans les journaux qu’on se bat dans le Sundgau[1] cela nous inquiète. Enfin François a envoyé aux Chenest une carte du 12 c’est assez récent[2].

A propos j’ai revu ces derniers, ils ne vont pas en ce moment à St Just car il ne passe plus beaucoup de blessés de ce côté-là, elles m’ont raconté des histoires palpitantes et fort intéressantes de ce qu’elles ont su. Geo a fait dans cette gare un séjour de 8 jours en qualité de boy scout avec un autre de ses camarades, il commandait tout le monde et pouvait aller partout ; c’est lui qui fabriquait le bouillon pour les soldats et s’occupait en général de la cuisine ou il excelle, il m’a dit qu’il me ferait incorporer dans ce service des gares moi je serais ravie. Entre temps il suit des cours au lycée Chaptal, mais cela ne l’enthousiasme pas beaucoup car il rêve de s’engager mais sa mère ne veut pas. Je l’ai contemplé cet après-midi en costume de boy scout il est très chic. Mais j’oublie de te raconter que Pierre est blessé : c’est-à-dire qu’il a eu une chance inouïe : roulé par une bombe, il s’est relevé complétement sourd, la capote en lambeaux et légèrement égratigné au visage ; cette bombe avait tué un homme à coté de lui, et dont il a été éclaboussé par la cervelle, et enlevé complétement la chair de la jambe d’un autre. Pierre avait reçu l’ordre de tenir 6 jours avec 30 hommes, au bout du 2ème jour, il y en avait déjà 20 d’évacués dont lui qu’on a transporté à Sainte-Menehould. De là il écrit à sa mère une lettre très crâne dans laquelle il parle à peine de sa blessure et où il dit qu’il espère regagner bientôt ses trous[3]. Mais il faut croire que c’était trop grave car on a voulu l’envoyer à Troyes, mais lui a demandé à aller à Paris ou il est arrivé avant-hier au Val-de-Grâce. Il est allé tout de suite dès son arrivée chez sa Mère à 2h du matin qui s’est trouvée bien surprise d’être en face d’un individu barbu et en loques qui était son fils. Enfin il peut sortir car il ne subit aucun traitement, il est seulement sourd, sourd comme un tapis au point qu’il n’entend pas les bruits de la rue aussi est-ce assez dangereux pour lui de se promener dans Paris. Je l’ai vu hier et aujourd’hui, le métier militaire paraît lui plaire beaucoup et il raconte des histoires de la guerre d’une voix tonitruante tandis que nous lui hurlons dans les oreilles pour lui répondre ce qui rend les conversations horriblement pénibles, n’empêche que je me tenais les côtes de rire la première fois. Il a le tympan droit crevé et une hémorragie labiryntique[4], il paraît que cela peut durer 2 ans, mais lui accepte la chose sans trop s’impressionner, enfin il l’a échappé belle. Nous avons eu des nouvelles de Jean qui est toujours à Autun, il croit qu’il va bientôt partir tout de même car Joffre a, il semble, l’intention de porter un grand coup, alors il partirait pour encadrer la classe 14.

Il fait très froid ici et je commence à sentir le besoin de fourrures. Maman a reçu la lettre de ta Mère le matin de notre départ, elle l’en remercie beaucoup. Je pense que la double position de schreiber et d’interprète doit être plus intéressante pour Paul Louis cela m’intéresserait fort de savoir ce qu’il lit et entend chez les sales Boches prisonniers. Et la Boubache a-t-elle fini son cache nez, moi je tricote à force mais on ne trouve pas de laine à Paris à part des pelotes jaune canari rose pâle et bleu de ciel alors nous allons en faire venir de Flers. J’ai quitté cette petite ville avec regret quand-même car j’y laissais 2 charmantes jeunes filles qui ont été fort gentilles pour moi.

Au revoir je t’embrasse bien fort ma chérie ainsi que Tatane et ton frère. Sympathique souvenir à Paul Louis.


[1] Le Sundgau est situé au sud de l’Alsace ; Altkirch en est la capitale.
[2] A lire dans le prochain post.
[3] Il s’agit des tranchées.
[4] sic

Petit papier caché dans l’enveloppe de la lettre « officielle » envoyée le 18 Novembre 1914  par Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg au 2 rue du XXème siècle à Caen

 

Je continue ma lettre interrompue. Je voudrais te parler du sujet favori mais je n’ai pas grand-chose à t’en dire. Il est toujours aussi sourd et me taquine terriblement ce que je lui rends d’ailleurs. Il va venir dîner vendredi soir ici. Il continue d’avoir un caractère charmant dont sa famille est à la fois ravie et étonnée. Quant à de mauvaises nouvelles à t’annoncer je n’en ai aucune pour la bonne raison que je n’ai rien remarqué de ce coté, je t’ai dit dans ma précédente lettre tout ce que je pensais à ce sujet. J’ai revu Alcée rajeuni de 10 ans, charmant dans sa capote bleu clair avec sa petite moustache blonde et ses beaux cheveux coupés il est beaucoup mieux ainsi et ne rêve que de partir pour le front, il a passé brillamment son examen pour devenir officier et a déclaré qu’il resterait dans l’armée s’il revient de la guerre. Figure-toi qu’il m’a demandé que je pense à lui dans mes prières, c’est un bon point pour lui et je suis heureuse de cette découverte. J’espère le revoir de nouveau au mois de Janvier.

Mille baisers encore.

Lettre envoyée le 19 Novembre 1914 par d’Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg à l’ambulance dé lycée Malherbe (lettre secrète)

Papa nous a envoyé sa photo avec Barrès le préfet et 2 infirmiers c’est très amusant et intéressant à garder.

 Flers 19 novembre 1914

Ma petite cousine chérie, je suis heureuse de te faire plaisir et la récompense de ma peine est je t’assure bien suffisante quand je pense à la joie que je te procure. Comme tu vois je continue aujourd’hui et je tâcherai de continuer toujours. Merci de ta bonne lettre : je vois que tu as senti aussi ce qui était choquant, cette absence d’élévation et d’enthousiasme, mais ce ne sont pas ceux qui expriment le plus qui sont les plus héroïques comme tu vas le voir. Il faut se dire aussi que cette vie de tranchées durant laquelle on ne pense qu’à se conserver la vie de toutes les manières ne vous élève guère l’esprit et il est difficile de formuler de belles pensées sur papier quand on est sans cesse sur le qui-vive et pressé de dire le principal de ce qu’on a fait, pourtant ce qui m’étonne c’est ce manque d’impressions et de réflexion que pourraient pourtant lui suggérer les terribles spectacles qu’il a sous les yeux.

Sais-tu que l’oncle Maurice est nommé lieutenant-colonel mais pas en raison de ses faits d’armes paraît-il, pourtant il a bien mérité ce grade. Je voudrais bien écrire à Vevette mais que vais-je lui dire ?…

François est du côté de Dannemarie, il couche sur la paille mais ne se bat pas en ce moment. Papa peut aller le voir quelquefois et lui apporter des choses. Jean revient presque tous les soirs je crois. Le préfet Goublet leur a fait cadeau à  chacun d’une belle paire de gants en peau fourrés c’est charmant de sa part. Papa nous a envoyé sa photo avec Barrès le préfet et 2 infirmiers c’est très amusant et intéressant à garder. J’ai enfin réussi à dévisser Grand-mère et Maman et cela n’a pas été sans peine. Nous partons lundi pour Paris et Maman prendra le train le lendemain pour Belfort où elle va chercher nos affaires d’hiver, elle ne pourra rester que 48h là-bas. Papa nous dit aussi que 2 forts près de Metz sont pris par nous entre autre le St Blaise.

Je pense qu’à Paris j’aurai plus de détail que ce que je te communique.
Je t’embrasse très très affectueusement et très tendrement.
Bons baisers aussi pour tante Marguerite et la Boubache dit « Mr Petit »
Amical souvenir à Paul Louis.

Odile
Maman demande pourquoi tante Marg ne lui répond pas ?

 (rajouté à gauche dans la marge)
Si les Allboches viennent à Paris nous irons à Caen me dit Maman

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