Variations discrètes de places…

Variations discrètes de places…

Le 11 Décembre 1914 Elisabeth Carré de Malberg envoie deux cartes postales: l’une à François Carré de Malberg son cousin, et l’autre à Jean Chenest, un des frères de Pierre. Sur ces deux cartes le corps médical de l’ambulance du Lycée Malherbe de Caen. J’ai mis un moment à m’apercevoir que ces deux cartes n’étaient pas les mêmes… Elles marquent, par un jeu subtil de positions, l’entrée  dans cette conversation des absents d’un jeune médecin: André Jacquelin.

Le temps ne passe pas vite

Le temps ne passe pas vite

La composition de la population de blessés accueillis à l’ambulance du Lycée Malherbe de Caen, est révélatrice de la situation sur le front, tandis que la lecture des correspondances des prisonniers allemands par Paul-Louis Wenger semble donner des informations sur le moral des troupes du Kaiser. Raymond Carré de Malberg s’inquiète de l’état du Canal : des informations contradictoires circulent sur d’éventuels pillages et l’apparition du typhus dans les environs. A Nancy, comme sur le front, ce sont les premiers grands froids.

Roulé par une marmite

Roulé par une marmite

Odile continue à envoyer des nouvelles de Pierre Chenest à sa cousine : Pierre a été roulé par une marmite. Les blessés sont rarement envoyés à Paris. Cette pratique continuera jusqu’à la fin de la guerre, pour empêcher que la propagande soit contredite ou que les idées pacifistes ne se répandent.  Pourtant, une nuit on sonne chez Madame Chenest…

Ruses de guerre

Ruses de guerre

Si la famille Carré de Malberg s’inquiète pour son héros François, Elisabeth a un autre sujet de préoccupation: Pierre Chenest. Cet amour (qui ne semble que peu partagé) doit rester secret et elle développe, avec sa cousine Odile, toute une série de ruses pour échanger des informations.

Première blessure

Première blessure

Le 7 septembre 1914, François Carré de Malberg est blessé, peu gravement, au début de la bataille de la Marne. Le sentiment de soulagement domine et sa famille va peut-être le revoir,  pour la première fois depuis son départ au front! Effectivement, François convalescent circule: il va tout d’abord  voir Elisabeth, infirmière à Caen, puis  il se rend à Flers où sa mère et sa soeur Odile sont réfugiées  et enfin regagne  Belfort où réside toujours son père Félix.

Et pendant ce temps au Canal…

Et pendant ce temps au Canal…

Le Canal ? C’est une des préoccupations d’Elisabeth Carré de Malberg et de ses cousins Odile et François. Ce petit hameau, dépendant de la commune de Wolxheim, se trouve, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg. Proche des Vosges, il est placé, à la limite de la plaine d’Alsace et du vignoble, au confluent de la Bruche et de la Mossig,  à l’origine du canal creusé par Vauban pour transporter les pierres des fortifications de Strasbourg. Malgré l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace-Moselle en 1870 des familles françaises bourgeoises ont, dans ce lieu agréable,  conservé, acheté ou construit des propriétés de famille. Ce sera le cas des familles Grass, Wenger, Faës… et de la famille Carré de Malberg.  Tous s’y retrouvent l’été. L’année 1914 n’a pas échappé à la règle…