Bob Fabars prisonnier

Bob Fabars prisonnier

Depuis la fin mai, nous avons perdu de vue Bob Fabars (alias Paul-Louis Valentin). C’est parce qu’il a été blessé et fait prisonnier vers le 15 juin 1918. Dans une longue lettre, il donne la liste assez vertigineuse de ses demandes d’objets et de victuailles, liste qui n’est pas sans rappeler les demandes de Bernard Carré de Malberg lors de son bref séjour fin 1917 au pensionnat de l’Ecole des Roches… On imagine dans le camp de prisonnier une ambiance digne de « la Grande Illusion » de Renoir.

Plus sérieusement Bob Fabars risque sa vie si on découvre que sous cette identité se cache un alsacien déserteur de l’armée allemande. Même si on ne comprend pas toujours bien la stratégie, il s’emploie  à brouiller les pistes, par exemple,  en envoyant à la même personne, « son père » deux lettres le même jour à deux adresses différentes (la carte est envoyée de manière fantaisiste à « Cette Herault » qui semble bien être un jeu de mot (« Cet héro »)… ou en prétendant que ne parlant pas allemand, il doit se mettre au russe… (Publié le 9 novembre 2018)

Le voyage de noce

Le voyage de noce

Bien que marié, André n’en continue pas moins à écrire quotidiennement à sa mère, même si le choix de la carte postale de la Grande Chartreuse semble paradoxale, et contraste avec son évident bonheur. Il tente de lui montrer que les liens d’affection qui les unis subsistent malgré son mariage. Il multiplie les références à ses souvenirs d’enfance et à son père.

La nouvelle de sa citation à l’ordre de l’armée est officielle. Il en est très fier et savoure les félicitations de sa belle famille.

3 juillet 1918, le mariage!

3 juillet 1918, le mariage!

Le 3 juillet 1918,  Elisabeth et André se marient! Il fait 1/2 beau, comme le note Marguerite Carré de Malberg dans son carnet.
Mariage de temps de guerre,  peu d’invités sont venus jusque dans les montagnes de Savoie. Les parents très proches (protagonistes de cette conversation des absents)  sont réunis autour des jeunes mariés. Peu de lettres donc mais des documents parfois surprenants ont traversé le siècle: la liste des courses d’Elisabeth, les horaires de train d’André et, plus classiquement, des photos et des télégrammes de félicitations. (Publié le 9 novembre 2018)

Contrat de mariage

Contrat de mariage

Parenthèse dans la relation au jour le jour de l’histoire d’Elisabeth Carré de Malberg, on retrouve ici le notaire Mathieu Merklen et la rédaction du contrat de mariage. On voit dans cette ensemble de lettres les difficultés à établir, en temps de guerre, un acte officiel, assez banal. Ces lettres du notaire de famille Merklen à Raymond et Marguerite Carré de Malberg en disent long aussi sur la question de l’argent, qui est prise sérieusement en compte à l’époque,  dans les unions matrimoniales. Mathieu Merklen est un ami de longue date de Raymond (depuis ses études?) à qui il n’hésite pas à demander des services.  Il répète régulièrement en fin de lettre son mantra: Courage et confiance. (Publié le 8 novembre 2018)

Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André

Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André

André est évacué à Dijon, il subi le contre coup de la tension des derniers jours de la « bagarre » au front et le choc de sa blessure. Il semble déprimé et triste. Il attend Caroline Jacquelin et Elisabeth Carré de Malberg qui se préparent à venir lui rendre visite.

Ensuite, Elisabeth poursuivra ensuite son chemin vers Saint Gervais pour finir les préparatifs du mariage, en espérant que les dernières difficultés seront levées…

Le 29 juin par un télégramme André annonce son arrivée prochaine en Savoie « Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André ». (Publié 7 novembre 2018)

La Kaiserschlacht

La Kaiserschlacht

Le 27 mai, l’offensive allemande, commencée en mars dans le nord, se poursuit près de l’Aisne, à partir du Chemin des Dames, où, l’année précédente, les Français avaient échoué dans une attaque meurtrière (l’offensive Nivelle). La préparation d’artillerie commence par des tirs d’obus à gaz, puis devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques.
C’est dans ce contexte qu’André envoie des pétales de roses à sa mère le 28, et écrit à Elisabeth une brève carte le 29, lui annonçant (à mots couverts) sa montée en ligne. Puis ses courriers sont très courts et mal écrits; ils se veulent rassurants pour Caroline mais sont plus explicites pour Elisabeth… Ces lettres sonnent souvent comme autant d’adieu. (Publié le 5 novembre 2018)

Avril, Reims brûle

Avril, Reims brûle

L’attaque allemande au nord de Reims provoque la suspension de toutes les permissions.  La déception pour André est grande de ne pas pouvoir passer son examen et surtout de perdre l’occasion venir à Paris voir sa mère et Elisabeth. Sur les instructions d’André (…ou de sa mère), tous les jeudi, un fleuriste  livre un bouquet à sa fiancée. Elle se montre très touchée de cette petite folie, mais hésite encore, curieusement, dans ses lettres  entre tutoiement et vouvoiement.