Le livre de Caroline Jacquelin

Comme beaucoup de personnes à l’époque, Caroline Jacquelin possédait un livre dans lequel elle recopiait des textes poétiques ou édifiants en français et en anglais. Mais l’ouvrage de Caroline dévie de sa nature première. En effet,  s’il commence classiquement comme un recueil de citations, il se transforme  peu à peu en herbier, avant et pendant la guerre:  certaines pages sont marquées « souvenirs du front », sans doute des fleurs envoyées par André à sa mère. Il s’achève  comme un livre d’or de l’ambulance de Saint Germain où Caroline a été infirmière pendant toute la guerre.  Des blessés qui y ont été soignés ont pris le temps de témoigner leur reconnaissance, en indiquant leur nom, leur régiment, le lieu de leur blessure et plus rarement, en indiquant la nature de celle-ci. (publié le 24 novembre 2018)

Couverture du livre de Caroline Jacquelin. Couverture du livre de Caroline Jacquelin.

Quelques pages du livre de Caroline Jacquelin

 

 

 

 

 

 

Lettre d'Edmond Dauch à Albert Dauch, 27 août 1917, enveloppe. Lettre d’Edmond Dauch à Albert Dauch, 27 août 1917, enveloppe.

Dans ce livre on a aussi trouvé une lettre écrite par Edmond Dauch et envoyée à son frère Albert Dauch (un des blessés soignés par Caroline). Cette lettre a été conservée sans doute en raison de l’étrangeté de son écriture…

Comme tu ne seras pas présent, en pensant à toi, je cognerai ou ferai cogner plus fort.
« J’en ai pour deux maintenant, toi et moi ». Et la vengeance nous pousse !…

Mon cher Albert

Les cours de signalisation sont terminés depuis vendredi.
Samedi nous avons entamé la téléphonie.
Nous sera terminé dimanche prochain et lundi joyeusement je me mettrai en rote pour rejoindre le bataillon qui est au repos dans l’Oise près de la Ferté-Milon.

Aujourd’hui, le temps est affreux ; la pluie, le vent, tout s’en mêle.
Malgré cela nous avons, jusqu’à 4 heures, installé des lignes téléphoniques en plein champ. Crois-tu que ce soit réellement le filon ?…
Et toi que fais-tu ? Marches-tu facilement sans trop de fatigue ? Penses-tu rester encore longtemps à l’hôpital ?… Le traitement électrique donne-t-il de bons résultats ?…
Les communiqués de ces jours derniers doivent te faire plaisir ! J’espère que le bataillon dans le courant du mois prochain donnera aussi un petit coup de bélier. Nous ne pouvons finir l’année ainsi !

Comme tu ne seras pas présent, en pensant à toi, je cognerai ou ferai cogner plus fort.
« J’en ai pour deux maintenant, toi et moi ». Et la vengeance nous pousse !…
Toutes mes amitiés à la famille. Je t’embrasse bien affectueusement
Ton frère Edmond

 

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