C’est fini et si bien fini !

l’Armistice est signée le 11 novembre 1918. André s’étonne déjà que les allemands aient accepté de telles conditions… Tout le monde laisse éclater sa joie même si elle est toujours tintée de tristesse, comme si en ce jour de fête, les morts étaient encore plus absents. On pense à François Carré de Malberg, à Jean Jacquelin, et à bien d’autres.

Célestine la femme de Chambre de Marie Carré de Malberg lui envoie une lettre écrite en gothique (une des rares lettres en allemand dans cette correspondance). On peut y voir le signe d’une schizophrénie bien alsacienne: le jour où s’annonce le retour de l’Alsace à la France… Mais le courrier de Maurice Jacques du 17 novembre et le carnet de Marguerite Carré de Malberg laissent déjà apparaître les premières difficultés et les premières incompréhensions:  ce retour de l’Alsace à la France ne sera pas si facile. (Publié le 15 novembre 1918).

Lettre d’André Jacquelin à Caroline Jacquelin, 11 novembre 1918.

Si tu voyais la joie des soldats ! Ils se promènent dans les rues bras dessus bras dessous, en chantant la marseillaise ; on a pavoisé le petit village avec des lampions dénichés je ne sais trop où…

Ma chère petite mère,

Cette fois-ci ça y est : nous venons d’apprendre ce matin par la télégraphie sans fil la fin de la guerre ; et si tu voyais la joie des soldats ! Ils se promènent dans les rues bras dessus bras dessous, en chantant la marseillaise ; on a pavoisé le petit village avec des lampions dénichés je ne sais trop où… C’est donc fini avec ce cauchemar qui nous a fait tant souffrir, qui a causé tant de deuils, et l’Alsace-Lorraine qui va nous être rendue ! Puisque dès maintenant il paraît que les clauses de l’armistice comportent que dans 31 jours les Boches devront avoir quitté toute la rive gauche du Rhin.
Je reçois tous les jours une carte ou une lettre d’Elisabeth ; à part la tristesse de ne pas m’avoir près d’elle, elle irait bien sans ses crampes d’estomac qui la font souffrir toujours, ce qui n’est pas sans m’inquiéter. Enfin elle ne me dit pas avoir souffert de nouveau ; j’espère que bientôt cela ira mieux.

Quant à moi, je me porte à merveille ; j’ai eu la chance de pouvoir changer de logement, et je possède maintenant une belle chambre qui est pourvue d’un poêle et même de quelques meubles, ce qui constitue un véritable luxe dans ce pays inhabité et dévasté. Enfin toutes ces ruines vont se réparer bientôt… Je crois que les hostilités, d’après la dépêche, ont dû s’arrêter à 11heures du matin ; souhaitons que pendant ces derniers moments de la lutte il ne soit rien arrivé ni à Eugène, ni à Roger. Hélas ! Il en manque pourtant un à l’appel en dehors de René qui va revenir sans doute sous peu, c’est notre pauvre Jean !

A bientôt, chère Maman, je t’embrasse bien fort

André

 

 

 

 

 

Lettre de Caroline Jacquelin à Elisabeth Carré de Malberg, 11 novembre 1918.

Notre joie est faite de tous les chagrins et les angoisses de plus de 4 années de guerre

Ma chère Elisabeth,

Je reçois aujourd’hui de bonnes nouvelles d’André après 3 jours de silence. Voilà enfin arrivé ce jour tant désiré où la bataille s’arrête et nous fait espérer enfin une paix durable. Je suis doublement heureuse pour vous et toute votre famille à la pensée que vous allez revoir votre chère Alsace.
Le deuil cruel qui a frappé votre oncle laissera une plaie inguérissable, comme ici chez ma pauvre belle-sœur pour qui le retour des soldats sera un nouveau déchirement et comme le dit ma directrice de salle, notre joie est faite de tous les chagrins et les angoisses de plus de 4 années de guerre. André et Esther m’ont fait espérer que j’aurais votre visite un de ces jours. Je m’en réjouis et je vous embrasse de tout mon cœur.

Rappelez-moi au bon souvenir de vos parents.
Votre Maman              C. Jacquelin

André me marque le secteur 234 au lieu de 164 se serait-il trompé ?

 

 

 

 

 

Lettre d’Elisabeth Carré de Malberg à André Jacquelin, 11 novembre 1918.

Mon petit Chéri aimé,

Enfin, enfin, voilà que c’est fini et si bien fini ! Quelle joie nous inonde et nous transporte, quel merveilleux bonheur… Mais comme j’aurais voulu que tu sois près de moi aujourd’hui, mon André, pour que nous vivions ensemble cette journée unique, tu m’as manqué plus que jamais… Mais mon bonheur est fait avant tout de la pensée que tu vas revenir dans quelques semaines, dans quelques jours peut-être ! Et qu’alors nous ne nous quitterons plus jamais, que l’affreux cauchemar de la séparation sera évanoui pour toujours et que notre vie à deux commencera vraiment ; que plus jamais les terribles dangers de la guerre ne menacent – car malgré tout, vois-tu, ces jours-ci encore, j’étais souvent hantée par l’idée de la blessure qui pourrait diminuer ta vie et de la mort même qui, en quelques instants, anéantirait tout notre bonheur, sans une miséricorde toute spéciale du ciel.

Enfin, oui, tout est fini, Chéri, et à cette joie de ton retour que j’éprouve si fort se mêle celle immense aussi de la délivrance de l’Alsace !

Tu ne peux t’imaginer l’émotion que j’ai eue cet après-midi en lisant dans le texte de l’armistice cette petite phrase imprimée : « Evacuation de l’Alsace-Lorraine dans un délai de 14 jours. » Ce rêve qui était au fond de tous nos cœurs est devenu une réalité… Mais on ne peut pas le croire encore, c’est trop beau ! Pourtant parmi tous les heureux de cette journée, il ne peut pas y avoir plus heureux que les Alsaciens…

Mon petit Chéri, je te quitte, pardonne-moi de ne pas faire une lettre plus longue ce soir, mais il est bien tard, je vais essayer d’aller dormir… sans y parvenir sans doute car tant d’émotions m’ont trop secouée !
Je t’embrasse…
Ton Elisabeth

12 novembre – soir

Mon petit Chéri, j’aurais voulu rajouter quelques mots à ma lettre aujourd’hui et cela ne m’est possible que le soir : nous avons eu du monde sans cesse à la maison, plusieurs de nos amis alsaciens, mon Oncle Jacques, Tte Hélène, etc. Et cet après-midi je me suis laissée entraîner jusqu’à la statue de Strasbourg, par les Champs Elysées, comme nous avions fait l’autre jour ensemble… La foule était immense, il y a des drapeaux partout, le canon tonne sans cesse, la joie la plus vive règne. C’est bon et beau d’en être arrivé là, mais c’est la rentrée à Strasbourg que nous devions avoir le droit de voir surtout ! Je ne cesse d’y penser…

J’ai reçu ce matin votre lettre du 7, ce soir celle du 8, mon Chéri et elles m’ont été très douces par toute la tendresse qu’elles m’apportaient. Merci mon Aimé, mais dis-moi que tu n’es plus triste maintenant, dis-moi que tu connais aussi l’allégresse qui me remplit ! Je t’aime de toutes mes forces, tu le sais, mon André, et j’entrevois si immense et si belle la vie qui nous attend, celle qui nous unira complètement, qui me laissera à toi toujours… Ce soir encore, je t’écris bien mal, mais dans ces lignes tu me sentiras pourtant toute vibrante d’amour et de bonheur. Si tu peux venir, viens bientôt, mon Chéri, ne fut-ce que pour quelques heures, il me semblera maintenant t’attendre sans cesse, croire toujours à ton arrivée possible…

Je te serre tendrement sur mon cœur et je t’aime, mon petit Chéri, comme je sens que tu m’aimes aussi…

Ton Elisabeth

 

Lettre d’André Jacquelin à Elisabeth Carré de Malberg, 12 novembre 1918.

Les journaux sont arrivés de bonne heure et nous ont apporté le détail des conditions de l’armistice ; je les ai lues et relues et je ne pouvais en croire mes yeux, et maintenant encore je me demande comment les Allemands ont pu signer une reddition pareille

12 novembre 18

Hier soir ce fut mon tour, ma petite chérie, de ne rien recevoir de vous ; par contre les journaux sont arrivés de bonne heure et nous ont apporté le détail des conditions de l’armistice ; je les ai lues et relues et je ne pouvais en croire mes yeux, et maintenant encore je me demande comment les Allemands ont pu signer une reddition pareille ; il faut vraiment qu’ils soient complètement battus, plus complètement qu’on ne pouvait le penser ! Quelle victoire !…

Aujourd’hui le village est traversé par des lourds tracteurs qui ramènent vers l’arrière l’artillerie à longue portée et l’on voit passer presque sans discontinuer ces formidables canons ornés de drapeaux et enguirlandés tant bien que mal de fleurs… Je vous ai dit que j’avais obtenu avant-hier une meilleure chambre ; en échange de ce supplément de confort qu’il m’a octroyé, le major de zone m’a demandé d’assurer le service des unités cantonnées dans le village et non pourvues de médecin. Je me suis acquitté de cette visite hier et ce matin, et elle m’a pris pas mal de temps car plusieurs grippés étaient couchés et j’ai dû aller sur place les consulter. Je crois d’ailleurs que je n’aurai pas longtemps ce surcroit de besogne, car le village commence à se vider des troupes qui s’y trouvaient logées. Quelques civils reviennent sur des camions qui amènent en même temps quelques pauvres meubles, et je crois que nous-mêmes n’allons plus rester longtemps ici ; j’espère, sans rien savoir de précis que nous nous déplacerons vers l’arrière, et alors, ma petite chérie, je pourrai aller te voir ; mon Dieu ! si je pouvais dans quelques jours te prendre dans mes bras !… Tout mon cœur va vers toi

André

 

 

 

 

Lettre de Célestine à Marie Carré de Malberg, 13 novembre 1918, page 1. Lettre de Célestine à Marie Carré de Malberg, 13 novembre 1918.

 Lettre de Célestine à Marie Carré de Malberg, 13 novembre 1918.

Il faisait si beau et nous avons bien mis à profit notre après-midi et nous nous sommes réjouies.

Chère Mademoiselle,

J’étais contente quand j’ai reçu votre gentille lettre hier soir, et je remercie Mademoiselle de m’avoir écrit. Il faut dire qu’à Vesoul aussi, on s’est aussi beaucoup réjoui que la guerre soit terminée. Monsieur Raymond était tellement content que l’Alsace soit redevenue française et il a aussitôt trouvé nécessaire de communiquer avec Monsieur Jacques pour me le dire et me souhaiter ce bonheur. Madame nous a aussi permis de sortir mardi. Il faisait si beau et nous avons bien mis à profit notre après-midi et nous nous sommes réjouies. Je crois que tout Paris était dans la rue, les gamins ont promené les maudits canons triomphalement à travers la ville et chacun était content de tout cœur de sa promenade lors de ces journées inoubliables.

Il faut que je dise à Mademoiselle, comme je l’ai déjà mentionné plus haut, que chacun s’est réjoui, les uns contents et de façon débridée, mais la plupart silencieusement dans leur for intérieur, car il y en a quelques-uns qui n’ont pas de pertes de personnes aimées à déplorer, mais qui portent le deuil sur leur visage et leurs vêtements. On peut dire que Dieu a parfois voulu ce sacrifice avec les soucis que ça occasionne, pour qu’en France on puisse de nouveau vivre heureux.

Mademoiselle me demande ce que Monsieur Raymond dit de tout cela et s’il songe à revenir bientôt en Alsace, mais je crois que ce n’est pas la peine d’en parler, car Monsieur m’a dit qu’il a écrit à Mademoiselle, et je veux d’ailleurs que Mademoiselle vienne bientôt. Je savais d’ailleurs que maintenant je ne l’emmènerai pas tout de suite et que ça durera encore longtemps jusqu’à ce qu’elle se mette en route ; c’est donc vraiment dommage, car il fait si beau ici

Mademoiselle a une si jolie chambre et Madame est donc très gentille en ce moment et on peut compter sur tous les amis en ces jours joyeux. Encore une fois, si Mademoiselle ne rentre pas bientôt, je viendrai la chercher. Mardi après-midi j’étais aussi avec Louisa rue Fabert, mais n’ai rencontré personne. Hier, Marie m’a écrit qu’ils viendront la semaine prochaine et je me réjouis beaucoup de revoir ma chère sœur. Je suis allée rue Bellechasse mais personne n’était à la maison, ils sont encore à SainteOmbre. Nous sommes allées à l’église Sainte-Clotilde, où on disait un Salut pour remercier le Seigneur Jésus de sa bonté envers nous. Je voudrais demander à Mademoiselle s’il était possible d’amener le four à gaz, il me rendrait beaucoup service, mais si c’était inconvenant, Mademoiselle ne devrait pas s’en donner la peine.

Dans l’espoir que les dents de Mademoiselle soient guéries et qu’elle arrive bientôt, très bientôt, je lui adresse mes salutations respectueuses.

Célestine

 

 

 

 

Carte d'Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 14 novembre 1918, recto. Carte d’Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 14 novembre 1918.

Carte d’Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 14 novembre 1918.

Quelle émotion. Je voudrais pouvoir la partager avec vous tous, mais quelle tristesse…

Tu t’imagines la joie indicible qui m’étreint en foulant pour la 1ère fois de ma vie l’Alsace « française ».
Quelle émotion. Je voudrais pouvoir la partager avec vous tous, mais quelle tristesse… aussi. Je t’embrasse avec tous les tiens bien tendrement
Odile

 

 

 

 

 

Lettre d’Odile Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 17 novembre 1918.

J’étais folle de joie ce jour là et j’ai vu des choses inoubliables : hier entrée à Mulhouse, aujourd’hui à Colmar, demain à Metz et dimanche à Strasbourg.

Bonne fête, ma chérie, au milieu des jours glorieux que nous traversons j’ai plaisir à te souhaiter une heureuse Sainte Elisabeth et je pense à toi avec toute mon affection de cousine. Tu a reçu j’espère ma carte de Thann. J’étais folle de joie ce jour là et j’ai vu des choses inoubliables : hier entrée à Mulhouse, aujourd’hui à Colmar, demain à Metz et dimanche à Strasbourg. Ah que je voudrais voir tout cela aussi, mais on ne peut y penser sans pleurer, car ses heures de délire sont voilées d’une impérissable tristesse. Où est André ? Peut-être est-il près de toi ou bien l’as-tu rejoint, votre félicité doit être grande et ne sera plus désormais interrompue. Je t’embrasse bien tendrement, ma chérie, pour ta fête.

 

 

 

 

 

Lettre du Colonel Jacques à Raymond Carré de Malberg, 17 novembre 1918.

Mon cher Raymond

Un mot à la hâte, parce que je change de résidence, tout en conservant les mêmes fonctions – Je pars dans quelques minutes – ce mot à la hâte pour vous accuser réception de votre lettre et de la carte de Mr Laugel. Malheureusement je vous ai dit que je n’ai jamais eu de chance et voici ce qui arrive. J’avais lancé une demande officielle en motivant les raisons qui militaient en ma faveur. Cette demande, au lieu d’être acheminée au ministère m’est revenue après cinq jours ainsi annotée par un général : « Les raisons motivées par le colonel Jacques sont fortement de nature à l’écarter d’un emploi en Alsace-Lorraine, où ses relations l’empêcheraient d’exercer ses fonctions avec l’impartialité voulue. » Or c’est tout le contraire, puisque au Service Général d’Alsace-Lorraine on ne veut prendre que des gens connaissant le pays. Je poursuis cependant.

Reçu également un mot ce matin du Service Général d’Alsace-Lorraine – signée Attholier je crois bien – disant que ma candidature est l’objet de l’examen le plus favorable. Mais cela ne prouve rien, il faudrait si possible que Laugel suive la chose et ne la lâche pas. Sans quoi je n’espère pas beaucoup.

Mille affections pour tous

Jacques

Je vous écrirai ma nouvelle adresse dès que je la connaîtrai

 

 

 

 

 

Carnet de Marguerite Carré de Malberg ouvert à la semaine du 11 novembre 1818.

Visite à Mr Dubost qui veut que l’armée entre en Alsace comme dans une ville conquise, l’arme au poing et la mèche allumée.

Lundi 11 S. MartinMaurice et Monda à déjeuner. A 11h du matin le canon sonne, les cloches sonnent, l’Armistice est signé. Retour de la cousine au milieu d’une foule joyeuse (Beau) Conditions de l’armistice l’Alsace revient à la France c’est fait. Netty et ses émules et nos grands morts et par dessus tout le Christ qui aime les Francs nous ont valu la grande et suprême victoire. Remercions, remercions ! Jeudi 14 Ste Vénérande Vu hier Mr Berg pour (illisible) Ecrit Mr Dubost pour Strasbourg Vendredi 15 Ste Gertrude Réponse Mr Dubost qui m’invite à passer au sénat Samedi 16 S Edmond Visite à Mr Dubost qui veut que l’armée entre en Alsace comme dans une ville conquise, l’arme au poing et la mèche allumée. Le soir recherche de carte chez Marie Lauge. Dimanche 17 S Grégoire Grande manifestation Al Lor de l’Etoile à la Concorde après le Te Deum à N. Dame et un déjeuner sandwiches pris sur les quais Lundi 11 S. Martin
Maurice et Monda à déjeuner. A 11h du matin le canon tonne, les cloches sonnent, l’Armistice est signé. Retour de la cousine au milieu d’une foule joyeuse (Beau) Conditions de l’armistice l’Alsace revient à la France c’est fait. Netty et ses émules et nos grands morts et par dessus tout le Christ qui aime les Francs nous ont valu la grande et suprême victoire. Remercions, remercions !
Jeudi 14 Ste Vénérande
Vu hier Mr Berg pour (illisible)
Ecrit Mr Dubost pour Strasbourg
Vendredi 15 Ste Gertrude
Réponse Mr Dubost qui m’invite à passer au sénat
Samedi 16 S Edmond
Visite à Mr Dubost qui veut que l’armée entre en Alsace comme dans une ville conquise, l’arme au poing et la mèche allumée. Le soir recherche de carte chez Marie Lauge.
Dimanche 17 S Grégoire
Grande manifestation Al Lor de l’Etoile à la Concorde après le Te Deum à N. Dame et un déjeuner sandwiches pris sur les quais

 

 

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