Bonne année 1916…

Bonne année 1916…

Que peut-on se souhaiter après plus d’un an de guerre? « Que peut-on espérer de l’année qui va commencer, alors que celle qui s’achève a été si mauvaise ? »  Pas grand chose d’autre si ce n’est de survivre. A mots couverts (on ne sait jamais ce que pense les autres) on ose évoquer son dégoût  pour « le militarisme ». (Mise en ligne 4 juin 2015)

J’ai appris par Gigault que vous aviez fait venir votre boîte.

J’ai appris par Gigault que vous aviez fait venir votre boîte.

Les communications s’établissent peu à peu entre André, sur le front d’Artois (secteur 90) et ses amis de l’ambulance du lycée Malherbe de Caen: Pelpel, Gigault, Morel, Sanson, Manchon. Ensemble, ils pratiquaient la peinture et c’est ce sujet qui revient dans l’ensemble des courriers réunis ici.  Ces courtes lettres sont aussi l’occasion de donner des nouvelles des uns et des autres. Mais la guerre n’est jamais loin « même sous le beau ciel de Grèce ».

Oui, c’est franchement idiot

Oui, c’est franchement idiot

Dans cette longue lettre Philippe Dorvain répond précisément à André Jacquelin. Les deux hommes sont liés par un profonde amitié. Philippe admire André et il  connaît bien Elisabeth Carré de Malberg, puisqu’il a travaillé avec elle à Caen, à l’ambulance de l’Hôpital Malherbe. André lui a confié, dans une lettre malheureusement perdue, ses doutes  sur sa relation avec Elisabeth, son engagement au front, le sens qu’il donne au patriotisme… Philippe Dorvain y va franchement, passe en revue systématiquement les questions et donne ses conseils… Comme il le dit lui-même il est plutôt bon en dissertation.

Je ne te causerai de la guerre que par généralité – et depuis le début.

Je ne te causerai de la guerre que par généralité – et depuis le début.

Philippe Dorvain, jeune médecin, a connu Elisabeth Carré de Malberg et André Jacquelin à l’hôpital de Caen. Parti le premier au front,  il écrit régulièrement à André Jacquelin une lettre par mois pendant l’année 1915. Parfois l’émotion vient briser ce rythme… il  décrit quelques impressions sonores ou visuelles de la guerre ou  rapporte des réflexions plus intimes et profondes.   Dans une lettre de juin, très longue, écrite sur du mauvais papier, Philippe Dorvain tente de convaincre son ami André de rester à l’arrière ou son intelligence et son savoir faire seront, d’après lui,  plus utiles. Il dresse un tableau  impitoyable de la situation au front et essaye de faire comprendre l’état d’esprit des poilus coincés dans cette tragédie entre la pression sociale (ne pas démériter aux yeux de camarades de combat), la pression militaire (ne pas être fusillé) et la pluie de fer incessante des bombardements allemands.