François Carré de Malberg, la lettre retrouvée.

François Carré de Malberg, la lettre retrouvée.

En Décembre 1916, sans doute en rangeant  les affaires de leur fils, Hélène et Félix Carré de Malberg trouvent une lettre cachée dans le sous-main du bureau de François. On peut aisément imaginer leur émotion à la lecture de ce courrier, près de cinq mois après la mort de leur fils.

Pour nous, le contraste entre ce texte et l’image que ses parents ont  voulu donner de lui dans son « Memento » est d’autant plus violent.

Votre fils a été tué ce matin à 10h.

Votre fils a été tué ce matin à 10h.

François est mort le 16 août 1916. Une lettre du commandant Pichot Duclos averti la famille le 25 août. Au fil des courriers, l’onde de choc de la nouvelle se propage, les circonstances de sa mort se précisent. Le discours officiel bien rodé chante  la gloire du héros. Le contraste est terrible avec la sincérité de la détresse d’Elisabeth. (Mise en ligne le 6 janvier 2016)

La Somme: Juillet-Août 1916. François dans la bataille.

La Somme: Juillet-Août 1916. François dans la bataille.

Si André profite d’un repos bien mérité après Verdun, le bataillon de François est engagé sur un autre terrain tout aussi terrible: la Somme. Cette bataille  fut l’une des  plus meurtrières de l’histoire, avec parmi les belligérants 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus en quatre mois et demi (entre le 1er juillet et le 18 novembre 1916…). Comme l’écrivait François, c’était tout simplement infernal et, en première ligne, sans grand espoir d’y survivre. (Mise en ligne le 2 Janvier 2016)

Verdun: ce sont des exilés les soldats de l’avant

Verdun: ce sont des exilés les soldats de l’avant

Au front comme à l’arrière le même sentiment d’anxiété domine. On se compte, on compte les morts, les proches disparus ou blessés… La bataille de Verdun, par l’isolement qu’elle impose pendant de longues semaines aux troupes engagées, par la violence des bombardements, accentue  le sentiment de solitude et la détresse  des uns et des autres. Elisabeth, Odile, André, François partagent la même angoisse;  dans quel état physique et mental survivront-ils à la guerre? s’ils survivent… (Mise en ligne le 17 octobre 2015)

Verdun…

Verdun…

Le train a conduit André de la Somme en Lorraine. C’est la veillée d’arme avant de monter en première ligne à Verdun. Les lettres sont de plus en plus courtes, l’écriture d’André est plus désordonnée et la tension devient palpable. Même s’il voudrait envoyer des messages d’espoir à Elisabeth, il ne peut s’empêcher de penser à sa possible disparition, à l’impossibilité de tenir face « aux plus formidables agents de destruction que l’homme ait jamais imaginés ». (Mise en ligne 6 septembre 2015)

Joyeux anniversaire François!

Joyeux anniversaire François!

 Elisabeth Carré de Malberg s’est abritée avec sa mère  à Vesoul (Nancy est régulièrement bombardé). Elle n’oublie pas son cher cousin François, même si celui-ci, depuis 6 mois, ne lui a pas écrit de lettre digne de ce nom. Que peut-on encore dire de la guerre au jour le jour? Le 5 Mars, François Carré de Malberg sort de son silence, et s’explique. (Mise en ligne 14 juin 2015)

L’art de la roulante

L’art de la roulante

Les forges d’Audincourt sont mobilisées pour produire les fournitures de guerre, en particulier les obus de 220 mm en acier forgé et les cuisines roulantes à deux marmites. La Compagnie livre également à l’armée française des tôles pour divers usages comme pour la fabrication de casques ou pour des articles de campements. Son directeur, M. Raymond Joessel, oncle de François Carré de Malberg, lui écrit une longue lettre, autour de la question fondamentale des roulantes. Ce courrier commence  par un pastiche de La Fontaine et se poursuit avec des remarques parfois pleines d’humour… Il est heureux  que  ce « modeste appareil nourricier »  constitue un lien entre sa famille et François, et il lui sait gré de l’amener parfois à diriger une pensée, même rapide, vers eux.

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien 2

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien 2

La conversation des absents (la correspondance épistolaire pour les anciens) prend tout son sens: « Cela m’a remonté de penser qu’une âme charitable m’avait assez de sympathie, pour la témoigner par ce papelard strié de violet, au milieu d’une grande forêt de hêtre agitée par le vent froid de la nuit et à 2 pas de la mort qui pouvait me frapper, sous les espèces d’un petit morceau de métal bourdonnant. Et à ce propos je fais une curieuse remarque, qui certes t’encouragera à m’écrire souvent ; tes lettres me parviennent généralement dans un moment de dépression morale plus intense – et tu peux croire que j’en traverse quelques uns ! « 

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien

Il faut remplacer les morts, alors François Carré de Malberg monte vite en grade… Les sensibilités s’émoussent au contact des horreurs. La puissance de feu démembre les corps comme les maisons. Les descriptions se font plus précises.  On enterre  et on s’enterre, conscients d’être des cadavres en sursis, « devant ces pauvres diables qui dorment là de leur ultime sommeil. Je ne les connais pas mais je les vois jeunes ou vieux, pleins de vie comme moi, des espoirs en tête, fauchés brutalement en cette farouche matinée… »