Fin d’été à Saint Gervais et sur le front d’Artois

Fin d’été à Saint Gervais et sur le front d’Artois

André Jacquelin envoie ce qu’il appelle « des feuilles de routes ». Il y raconte la vie dans les tranchées. La crudité en est souvent surprenante comparée à la pudeur dont il doit faire preuve lorsqu’il évoque ses sentiments pour Elisabeth Carré de Malberg. Ensemble, ils voudraient espérer que la prochaine bataille sera enfin, la dernière…

Le Labyrinthe

Le Labyrinthe

En juillet, André arrive au front en Artois, dans le secteur du Labyrinthe. Le Labyrinthe était un ensemble d’ouvrages, de tranchées et de boyaux qui formaient, un saillant de la ligne allemande entre Neuville Saint Vaast et Ecurie; C’est le lieu d’incessants et féroces combats. Elisabeth, elle est en vacances dans les Alpes… Le ton des cartes postales et celui des lettres fermées qu’elle envoie est sensiblement différent. De son côté André doit respecter, en toutes circonstances, les convenances…  et ses lettres « feuilles de route » passent  sans peine la censure familiale.

Je viens vous dire, que de si tôt, je ne reviendrai pas …

Je viens vous dire, que de si tôt, je ne reviendrai pas …

L’absence d’Elisabeth, qui a regagné Nancy, encourage André à demander son départ pour le front. C’est ce qu’il obtient en juin 1915. L’épreuve de la séparation conjuguée à l’expérience des tranchées lui parait nécessaire pour mettre à l’épreuve leur amour. Dans une lettre écrite à un de ces amis, il livre ses états d’âme et dévoile l’attachement qui le lie à sa mère Caroline Jacquelin

La vie à l’ambulance

La vie à l’ambulance

Petit aperçu de la correspondance d’André Jacquelin: à l’occasion d’un voyage à Paris, sa première carte  à Elisabeth Carré de Malberg (La Charge… au contenu lapidaire: « Paris mars 1915, André Jacquelin »), une lettre de son cousin Jean, des nouvelles des blessés qu’il a soignés, la première lettre d’Elisabeth rentrée à Nancy…  Brefs aperçus de sa vie de médecin à l’arrière du front en ce début 1915.

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien 2

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien 2

La conversation des absents (la correspondance épistolaire pour les anciens) prend tout son sens: « Cela m’a remonté de penser qu’une âme charitable m’avait assez de sympathie, pour la témoigner par ce papelard strié de violet, au milieu d’une grande forêt de hêtre agitée par le vent froid de la nuit et à 2 pas de la mort qui pouvait me frapper, sous les espèces d’un petit morceau de métal bourdonnant. Et à ce propos je fais une curieuse remarque, qui certes t’encouragera à m’écrire souvent ; tes lettres me parviennent généralement dans un moment de dépression morale plus intense – et tu peux croire que j’en traverse quelques uns ! « 

Ton cousin Bob Fabars

Ton cousin Bob Fabars

23 Mars 1915 Paul Louis Wenger annonce à  Elisabeth qu’elle a désormais un cousin qui s’appelle Robert Fabars. Fini pour lui de lire les courriers des prisonniers allemands de Caen: il part pour le front mais alsacien et déserteur de l’armée allemande il prend ce nom étonnant: Bob Fabars… La vie à Caen s’en trouve bouleversée et le morale de tout le monde chute.

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien

Chronique d’une fin d’hiver sur le front Alsacien

Il faut remplacer les morts, alors François Carré de Malberg monte vite en grade… Les sensibilités s’émoussent au contact des horreurs. La puissance de feu démembre les corps comme les maisons. Les descriptions se font plus précises.  On enterre  et on s’enterre, conscients d’être des cadavres en sursis, « devant ces pauvres diables qui dorment là de leur ultime sommeil. Je ne les connais pas mais je les vois jeunes ou vieux, pleins de vie comme moi, des espoirs en tête, fauchés brutalement en cette farouche matinée… »

Têtes de pipe

Têtes de pipe

Elisabeth Carré de Malberg a envoyé à son cousin François une carte la montrant entourée de l’équipe médicale de son ambulance (voir: « variations discrètes de place », 11 décembre 1914). Le 15 janvier 1915, il lui envoie ces « têtes de pipe » accompagnées d’une longue lettre qui nous semble assez remarquable. Il y a quelques années, nous l’avons piochée au hasard dans la valise contenant tous ces courriers et c’est elle qui, alors, nous a donné envie d’entreprendre cette publication. On y voit toute les qualités littéraires et humaines de François. C’est un jeune homme (il n’a que 23 ans…) encore enfant quand il pense à Noël  et pourtant déjà soldat pris sous le feu des canons. Quelques jours plus tard Elisabeth lui répond…