La crise sentimentale

La crise sentimentale

La correspondance qui nous reste entre Elisabeth et André est dans cette période à sens unique. La lettre de rupture d’André a sans doute été détruite par ce dernier (comme il a aussi caviardé un certain nombre de lettres quand il les a relues après la guerre). Elisabeth s’inquiète à juste titre de son silence après ses vœux, puis tente de réagir.

Bonne année 1917

Bonne année 1917

André Jacquelin et Elisabeth Carré de Malberg  se sont vus à Paris.  Il lui envoie ses voeux de bonne année, espérant que 1917 verra la fin de la guerre. Après les éprouvantes semaines à Verdun, son régiment est maintenant, les pieds dans la boue, dans la Somme, un secteur plus calme. Sa lettre devient lyrique quand il décrit le ciel où l’on voudrait « presque s’anéantir ». Cette touche pessimiste trouve un écho dans la lettre d’Elisabeth et ses doutes sur l’avenir de leur couple.

1916, Récit d’une Année

1916, Récit d’une Année

Longtemps après la fin de la guerre, André Jacquelin a raconté dans un texte inédit sa vie et sa relation avec Elisabeth Carré de Malberg. On possède deux versions de ce manuscrit. Il nous parait judicieux ici d’en donner un extrait, quittant pour une fois l’ordre strictement chronologique des courriers, pour prendre le recul du temps. André y raconte ce qu’il ne disait pas, ce qu’il ne pouvait pas dire dans ses lettres à sa future fiancée et à fortiori dans celles envoyées à sa mère Caroline Jacquelin…

Jean Jacquelin incorporé

Jean Jacquelin incorporé

Après bien des difficultés, Jean Jacquelin est enfin accepté par le conseil de révision, sans doute moins regardant sur les qualités physiques des candidats après 2 ans de guerre et les saignées de Verdun et de la Somme… Il fait ses classes à Nevers avant de rejoindre le front, sans doute dans la Somme. Toujours assez fanfaron, il se vante de son endurance et de ses exploits.  Une manière de répondre aux inquiétudes d’André qui, connaissant la réalité des combats, redoutait pour lui l’épreuve du front et qui avait tenté, en vain,  de lui faire abandonner ses projets militaires. (Mise en ligne, 22 janvier 2017)

Un répit, Juillet 16

Un répit, Juillet 16

Elisabeth carré de Malberg est en vacances comme tous les ans dans les Alpes à Saint Gervais. Cela fait 15 mois qu’ elle est séparée d’André Jacquelin. Ils jouent de malchance, et ne peuvent arriver à se voir pendant ses trop rares permissions  (une tous les six mois…). Mais elle est soulagée, il a quitté Verdun, il est  au repos, dans les environs de Reims.
Comme au plus fort de la bataille, le ton des lettres d’André reste très différent
selon qu’il s’adresse à  Caroline Jacquelin ou à  Elisabeth Carré de Malberg. Si une atmosphère de conte berce le récit qu’il fait à sa mère de sa visite à l’Abbaye d’Igny,  le printemps et les coquelicots ne peuvent lui faire oublier, dans sa lettre de fin juillet à sa fiancée, les dizaines de milliers de morts qui l’entourent. (Mise en ligne le 1er Janvier 2016)

Mentir à sa mère

Mentir à sa mère

André Jacquelin tente de cacher à sa mère les horreurs de la guerre. Dans ses lettres écrites depuis Verdun, il évite soigneusement de lui parler des épreuves qu’il traverse. Le contraste est saisissant entre ses réflexions sur le romantisme (par exemple)  et la citation à l’ordre de l’armée qui signale son courage de jeune interne. Il met en pratique ce qu’il croit être son devoir: Dans la bataille, la seule place possible et utile  pour un médecin c’est d’être en première ligne. (Mise en ligne le 26 décembre 2015)

Verdun: ce sont des exilés les soldats de l’avant

Verdun: ce sont des exilés les soldats de l’avant

Au front comme à l’arrière le même sentiment d’anxiété domine. On se compte, on compte les morts, les proches disparus ou blessés… La bataille de Verdun, par l’isolement qu’elle impose pendant de longues semaines aux troupes engagées, par la violence des bombardements, accentue  le sentiment de solitude et la détresse  des uns et des autres. Elisabeth, Odile, André, François partagent la même angoisse;  dans quel état physique et mental survivront-ils à la guerre? s’ils survivent… (Mise en ligne le 17 octobre 2015)

Verdun ou l’épouvante

Verdun ou l’épouvante

Verdun ou l’épouvante. L’épouvante pour André, médecin confronté aux souffrances provoquées par les  éléments destructeurs qui font rage.  L’épouvante pour Elisabeth qui le sait au coeur de la monstrueuse canonnade. Face à cela comment penser survivre? Comment  imaginer encore conserver de l’espoir? (Mise en ligne le 14 septembre 2015)

Verdun…

Verdun…

Le train a conduit André de la Somme en Lorraine. C’est la veillée d’arme avant de monter en première ligne à Verdun. Les lettres sont de plus en plus courtes, l’écriture d’André est plus désordonnée et la tension devient palpable. Même s’il voudrait envoyer des messages d’espoir à Elisabeth, il ne peut s’empêcher de penser à sa possible disparition, à l’impossibilité de tenir face « aux plus formidables agents de destruction que l’homme ait jamais imaginés ». (Mise en ligne 6 septembre 2015)