Bernard à l’épreuve des Roches

Contrairement à ce qui était prévu Bernard ne rentre pas au collège Stanislas mais part comme pensionnaire aux Roches en Normandie, une école pour les enfants de la bonne société, aux méthodes pédagogiques d’avant garde pour l’époque (on se souvient que Georges Chenest y a fait ses études). Marguerite a organisé l’admission de Bernard. Raymond est sceptique,  Elisabeth tente de le convaincre de ce choix.

Le principal intéressé, lui, a du mal à s’acclimater à la vie de groupe, à supporter l’humidité normande et doit apprendre à gérer les questions matérielles. Il multiplie les demandes à sa famille. Mais cela ne l’empêche pas de disserter, avec un bel aplomb pour un jeune homme de 15 ans, sur la situation géopolitique du moment. (Publié le 26 septembre 2018)

L’École des Roches est un établissement scolaire français créé par Edmond Demolins en 1899, à Verneuil-sur-Avre. Edmond Demolins souhaite offrir une nouvelle sorte d’éducation, inspirée des méthodes actives expérimentées dans les écoles qu’il a découvertes au cours de voyages d’études en Angleterre au début des années 1890. Il décrit l’ambiance familiale qui règne dans ces internats et présente l’emploi du temps, les méthodes pédagogiques, les matières enseignées et les activités physiques et sportives. Il est notamment sensible au « tiers-temps pédagogique » et à la pédagogie active, qui valorise l’observation, l’expérimentation et la déduction. Demolins estime nécessaire de donner une éducation appropriée aux enfants des élites, afin de former des hommes d’action. Pour cela, il préconise de créer une école centrée sur l’enfant, qui le rende acteur de son éducation, et insiste sur la nécessité d’instaurer avec les élèves des relations fondées sur le respect, la responsabilité et la confiance.

Couverture du cahier d'algèbre de bernard Carré de Malbezrg aux Roches en 1917. Couverture du cahier d’algèbre de Bernard Carré de Malberg aux Roches en 1917.

Lettre d’Elisabeth Carré de Malberg à Raymond Carré de Malberg, sans doute du mardi 2 octobre 1917.

En constatant combien Bubi spécialement y serait mal installé, en entendant le bruit qu’il y a constamment dans l’avenue et en respirant de nouveau l’air fétide (je dis comme toi…) de Paris, on ne peut pas regretter la décision qui a été prise.

Mardi soir

Mon cher Papa,

Comme les belles montagnes de St Gervais et le cher Rosay nous semblent déjà loin, après ces deux harassantes journée !… Comme je t’envie aussi – moi particulièrement – et malgré la tristesse de la solitude, d’être resté là-bas !

Nous avons fait bon voyage, Bubi te l’a écrit déjà, je crois, mais l’arrivée a été pénible. Figure-toi que nous avons dû attendre jusqu’à midi ½, Bubi et moi, pour obtenir le gros bagage, mais à cette heure là nous avons heureusement pu trouver deux taxis qui nous ont amenés avenue de Villars où Maman et Louisa étaient déjà, avec Tina venue pour nous aider un peu. Car il y a un travail à faire, je t’assure, pour remettre l’appartement en état et parvenir à nous caser tant bien que mal. Mieux vaut que tu n’assistes pas à cette pénible installation, mon pauvre Papa ! Pour le moment d’ailleurs, nous n’avons pas encore avancé grand chose, il faut plutôt s’occuper du départ de Bubi…

Mais, vois-tu, en entrant dans ce petit appartement, en constatant combien Bubi spécialement y serait mal installé, en entendant le bruit qu’il y a constamment dans l’avenue et en respirant de nouveau l’air fétide (je dis comme toi…) de Paris, on ne peut pas regretter la décision qui a été prise. Ce sera certes très dur de se séparer de Bubi, en sentant ma peine à moi je juge de la vôtre, mais vraiment je crois que cela aurait été de la folie de lui faire recommencer une année autrement difficile que la précédente, qui avait si mal réussi déjà. Ou bien il aurait fallu que nous nous installions ailleurs qu’à Paris, mais on n’en a jamais parlé bien sérieusement et si j’avais su que cela dépende de moi, je t’assure que j’aurais essayé de concilier mes propres désirs avec les vôtres. Ce qui me navre, c’est de penser que Bubi va être interne en grande partie à cause de moi, comme tu me l’as dit l’autre jour…

Maman compte toujours aller demain faire une visite aux Roches et elle me charge de te dire qu’elle t’écrira à son retour. Elle est d’ailleurs assez fatiguée après ces deux journées de trimballages.

Nous avons reçu un bon accueil rue Margueritte où nous avons déjeuné aujourd’hui, avec l’oncle Edmond « de passage » une fois de plus, et j’y déjeunerai encore demain, en l’absence de Maman et de Bubi. Mais vraiment Grand-Père et Grand-Mère ont semblé très contents de nous revoir.

Je n’ai aucune nouvelle de Mr Jacquelin et j’en suis bien ennuyée. Je me demande si il n’est pas arrivé en permission ou si une lettre a été perdue; je voudrais bien savoir et j’ai peur que nous ne perdions encore bien du temps !

Je vais te quitter, mon cher Papa en te demandant d’excuser cette lettre si mal écrite, mais je suis bien fatiguée et pourtant je voulais te donner de nos nouvelles pour que tu ne sois pas trop déçu quand le facteur passera un de ces matins au Rosay, mais quand ?… Les lettres mettent tant de temps à aller là-bas ! Dis à Tatane que je l’embrasse de tout cœur et que ces caramels sont délicieux… Je pense à vous deux et au Rosay où je voudrais encore bien être et je t’embrasse bien tendrement mon cher Papa.

Ta fille qui t’aime fort

Lily

P.S. Il fait beau temps à Paris et chaud et lourd… Tu as dû garder ma carte d’identité d’infirmière ? Elle ne m’a heureusement pas été demandée, mais je compte que tu me la rapportes.

 

 

 

 

 

Lettre de Raymond Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 4 octobre 1917

Quelle figure va-t-il faire, livré à lui-même, dans ce nouveau milieu, dans cet état de vie si différent de tout son passé ?

Jeudi 4 octobre 17

Ma chère Lili

En voici bien d’une autre. Je reçois ce matin l’incluse adressée par Mr J. rue Gounod et envoyée de là à St Gervais. Comment as-tu donc pu lui laisser ignorer notre nouvelle adresse à Paris ? En voyant qu’il est depuis le 29 à St Germain, je crains que tu ne regrettes vivement d’avoir perdu ces 5 premiers jours de sa permission. Heureusement, il dit qu’il restera jusqu’au 11, et enfin j’espère qu’il aura eu la bonne idée d’aller entre temps se renseigner ru Gounod et rue Margueritte sur notre adresse. Toutefois j’ai cru utile de te prévenir rapidement et je viens à cet effet de t’expédier un télégramme qui – je veux le croire – te parviendra encore aujourd’hui, ayant été déposé ce matin à 10 heures. Quel imbroglio !

Du moment que cette lettre de Mr J me fixait sur sa présence à Paris, j’ai repris l’idée dont je te faisais part dans ma lettre de dimanche soir et qui est toujours de ne pas laisser passer sa venue éventuelle sans que je le revoie. Dans mon télégramme je viens donc t’annoncer que je reviendrai à paris lundi. A quelle heure ? Je l’ignore, puisque je n’ai pas les nouvelles heures des trains. Comme cela tu pourrais, si tu en vois l’à propos, organiser d’avance une promenade pour mardi ou mercredi. Je te dis donc à bientôt.

Les communications par la poste sont toujours bien lentes. C’est ce matin seulement que je reçois la carte de Bubi écrite en vue des fortifications de Paris à votre arrivée. Fort heureusement, j’avais eu mardi matin votre télégramme m’annonçant votre bonne rentrée et l’admission aux Roches. Hier toute la journée j’ai pensé au voyage que maman et lui faisaient à Verneuil. Dieu veuille que cette initiative réussisse, mais ma confiance est toujours mince.

A plus forte raison penserai-je à Bubi demain tandis qu’il fera cette fois son premier voyage sans nous. Quelle figure va-t-il faire, livré à lui-même, dans ce nouveau milieu, dans cet état de vie si différent de tout son passé ? Je lui ai dès mardi écrit une lettre que j’ai adressée aux Roches, pensant bien qu’elle n’arriverait plus à temps de Paris. Il l’y trouvera, j’espère pour son arrivée. Puissent les 1ers moments d’éloignement ne pas lui être pénibles !

Ici c’est toujours le temps splendide, avec une chaleur incroyable et des clairs de lune de toute beauté. Hier seulement il a un peu grisaillé, mais dès ce matin nous nous retrouvons en plein été. J’en jouirais mieux si je ne regrettais votre départ et si je ne pensais aux travaux ingrats de votre réinstallation à Paris qui doit vous paraître bien chaud.

Allons je souhaite que tu profites bien, les jours prochains tout au moins, de la permission de Mr J, que tu en profites pour te détendre et reprendre confiance dans l’avenir. Et je t’embrasse de tout cœur, ma chère fille, en te chargeant d’embrasser Maman de même. Tatane se joint à moi, elle pense rester ici jusque vers le 15.

RCM

 

 

 

 

 

Bernard Carré de Malberg (date inconnue) Bernard Carré de Malberg (date inconnue).

Lettre de Bernard Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 10 octobre 1917.

Un autre désagrément moins grand du reste mais tout de même pénible c’est qu’il n’y a pas choix entre porridge lait au cacao, mais bien porridge avec lait ou avec chocolat.

10 octobre 1917
Ma chère Elisabeth

C’est à toi que j’écris cette fois-ci puisque je sais que tu liras ma lettre à Papa et Maman. J’ai été content de voir que vous pensiez à moi et ai été émerveillé du nombre de lettres que j’ai reçu pendant ces quelques jours. Hier matin j’ai reçu la lettre de Papa datée de St Gervais mais envoyée de Paris et aujourd’hui à 10 heures la carte de Maman et ta lettre accompagnée de celle de J. Decorse[1]. Je vous en remercie tous trois beaucoup, car vous pouvez bien penser qu’au milieu de tout ce monde nouveau et inconnu j’aime bien avoir des nouvelles des miens et savoir qu’ils ne m’ont pas perdu de vue.

Je n’aurais pas pensé que vous vouliez illico recevoir de mes nouvelles, car, d’une part je n’ai pas eu tout de suite le temps d’écrire et d’autre part je voulais que ma lettre dise un peu quelque chose.

Cela va toujours assez bien sans que ce soit merveilleux. Mes camarades continuent à être très bruyants ce dont je me passerais volontiers et d’autre part assez désagréables. J’ai trouvé ici à mon grand regret et qui plus est au Coteau mais heureusement pas dans ma classe, un des plus mauvais élève de Ste Marie qui continue ses stupidités et ses manies paresseuses. Il a trouvé spirituel de passer tout à l’heure une allumette enflammée sous ma lettre ce qui a manqué la bruler : tu vois le genre ! Du reste ici on ignore ce que c’est que renvoyer les élèves ce qui n’est pas une très bonne note pour l’établissement. Les études d’autre part ne me paraissent pas très fortes jusqu’à présent. En effet, nous allons traduire Tite Live que nous avions déjà traduit pendant le 1er trimestre de l’année dernière et, d’autre part nous commençons seulement le III et IV de géométrie que j’avais déjà vu en 3ème. Je me demande malgré tout, s’il y aura moyen d’arriver au bacho[2]. J’ai regretté que Papa ne veuille pas me faire faire de l’espagnol car Mr Bertier[3] a lui-même trouvé qu’il était difficile d’apprendre l’anglais en 2 ans surtout quand il doit être 1ère langue comme c’est la règle ici. Il me conseillait par contre tout à fait l’espagnol parce que cela me laisserait plus de temps pour les maths et le latin. Je reconnais du reste que l’anglais est beaucoup plus important à savoir que l’espagnol mais enfin…
Pourquoi, Maman s’est-elle tant dépêchée de m’envoyer les différents objets que je lui avais demandés? En voici déjà une nouvelle liste. Papa, s’il vient ici dimanche pourra me les apporter :

Compte Goutte (qui doit se trouver dans une boîte de bijoutier assez longue dans le bureau)
Gomme Crayon étant donné qu’on n’en trouve pas ici.
Mes Crayolas dans le bureau
Ma lime
Catéchisme de Nancy (malle chez Gd-mère)
Ma Planche à dessin (carton de livres)
Et… du papier hygiénique étant donné qu’il y en a déjà plus et que les copies sont chères.

C’est tout je pense jusqu’à nouvel ordre. L’inconvénient énoncé plus haut n’est du reste pas le seul qui s’est fait sentir depuis mon arrivée ici. Si la nourriture continue à être bonne tout le reste ne va pas si bien. D’abord et en premier lieu, une chose très désagréable et que Mr Bertier n’avait naturellement pas signalé à Maman quand elle lui a parlé d’un certain endroit en se plaignant de la rapidité avec laquelle les élèves s’y exécutent. Dans ce certain endroit donc comme dans le reste de la maison aussi l’eau n’arrive que comme à St Lunaire[4] si je ne me trompe ; c’est à dire qu’il faut la monter en tournant une roue et que par dessus le marché les réservoirs sont très petits au dire de l’abbé Gamble[5] lui-même. De sorte que comme une cinquantaine de personnes y sont pendues pendant toute la journée, la moitié du temps la chute d’eau ne marche pas. Mr Bertier peut ensuite s’étonner sur la saleté et l’infection de ce local, infection du reste qui se répand jusque dans les dortoirs malgré 3 portes. C’est du reste forcé.

Un autre désagrément moins grand du reste mais tout de même pénible c’est qu’il n’y a pas choix entre porridge lait au cacao, mais bien porridge avec lait ou avec chocolat. Or ces soupes dont Papa nous parle quelque fois et que les prisonniers de 1870 flanquaient contre la muraille de la prison où elles restaient accrochées, ne sont rien à côté de ce porridge : c’est du Haferflocken[6] passé dont on n’a pas gardé l’eau. J’en ai mangé une fois et je n’ai pas pu recommencer du reste. Le troisième inconvénient, c’est qu’il n’y a pas d’oreillers et que quand on met le traversin par dessus le matelas il élève trop la tête tandis que quand on le met par dessous il ne la soutient pas. Résultat : très mauvaises nuits tous ces derniers temps.

Vous voyez donc que je ne suis pas du tout enchanté, loin de là. Je n’ai pas pu faire de football hier parce que je m’étais cogné le genou en montant dans mon lit. Aujourd’hui j’ai fait ½ heure de jardinage et ai pris une première leçon de violon. Je raconterai du reste cela à Papa de vive voix.

Quant à mes affaires, je parle de mes costumes et de mon linge, je n’y comprends plus rien, je ne trouve rien et n’ai rien. En ce moment je vis sur le costume gris du week-end : c’est avec cela que j’ai sorti des pommes de terre cet après-midi.

Toujours mauvais temps, à part un rayon de soleil ce matin que c’est nuageux. J’ai attrapé un rhume pendant une promenade d’histoire naturelle lundi sous la pluie battante et sans chapeau. Je l’ai égaré. Au revoir. Je vous embrasse tous trois bien tendrement. Ton frère affectionné
Tiou

J’attends Papa à 10h ½ dimanche. J’ai été content de voir que Papa avait eu beau fixe.

[1] Nom incertain
[2] Diminutif pour baccalauréat
[3] Bertier Directeur de l’Ecole des Roches de 1903 à 1944.
[4] Station balnéaire bretonne… le réseau d’eau a commencé à y être construit en 1914.
[5] Nom incertain
[6] Flocon d’avoine.

 

 

 

 

 

Lettre de Bernard Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 25 octobre 1917.

La lingère m’a fait remarqué que je n’avais pas beaucoup de mouchoirs. Elle en a trouvé en effet que 12 à raison de 4 par semaine c’est peu.

25 octobre 1917

Ma chère Elisabeth

C’est à toi que j’écris aujourd’hui, étant donné que c’est principalement pour te parler de ta visite de O. J’ai en effet appris que nous avions vacances le jour de la Toussaint. Et alors je me demande s’il ne serait pas plus raisonnable de remettre ta visite à ce jour-là étant donné le prix du voyage je ne demande pas mieux d’avoir 2 visites au lieu d’une. Mais je me dis qu’il vaut mieux ne pas les rapprocher trop tout de même. Vous allez tous trouver cette idée bizarre mais enfin vous vous l’expliquerez facilement je pense. Comme je crois qu’il ne serait pas possible que j’ai une réponse avant Dimanche, j’irai tout de même à Verneuil voir au train s’il n’y a personne. Et s’il en est ainsi je reviendrai déjeuner aux Roches. A propos de visite as-tu pu t’arranger avec Melle Aulin qui paraît-il est aujourd’hui à Paris. J’avais beau soutenir hier à Mme Bertier qu’il n’y a pas de téléphone av de Villars, elle voulait à tout prix t’avertir téléphoniquement de la venue de sa nièce.
Les costumes sont toujours pas déballés mais enfin on attend le coupon de la Belle Jardinière pour demain. Ce n’est pas malheureux. Au train dont cela va, je n’aurais pas le mien avant le 1er décembre. Toujours pas question du peignoir… Je commence à me demander s’il n’a pas été égaré quelque part. C’est ennuyeux à la fin. La lingère m’a fait remarqué que je n’avais pas beaucoup de mouchoirs. Elle en a trouvé en effet que 12 à raison de 4 par semaine c’est peu. Je croyais cependant qu’il y en avait 18. Serait-ce une erreur ? En tous les cas s’il m’en reste à Paris vous pouvez me les apporter. Cela me serait utile. Je ne vois plus rien d’autre à vous demander. J’ai trouvé une règle et des cartes postales affreuses mais j’en ai tout de même envoyé à Gd Père.

A part cela, je vais bien. Le travail ne marche pas mal non plus. Je commence à m’habituer enfin. Rien de spécial à signaler sans cela à part que nous aurons une composition de Français mardi prochain et que Mr Montassut continue à être extraordinairement gentil avec moi. Je persiste à n’y rien comprendre mais je lui en suis très reconnaissant. Figure-toi que j’ai découvert ici une bonne collection de Töpffer[1] entre autre Mr Jabot et Mr Vieux-Bois. C’est une bonne note pour la maison. Le livre de la Sainte Tante a par contre aussi pénétré jusqu’ici : je parle de celui de Monseigneur Laveille 2]. Cela prouve combien il est déjà répandu.
Le temps est toujours médiocre avec des alternatives de pluie battante et de soleil superbe. J’espère qu’en Champagne il fait moins mauvais. 8000 prisonniers c’est toujours cela. Mais on préférerait une avance sérieuse. Le général de Maud’huy est en plein dans la bagarre Mr Rebot par contre est obligé de déménager cette fois, que dois dire Mina-Miaou ?

Au revoir ma chère Elisabeth, je t’embrasse de tout cœur ainsi que Papa et Maman dont j’ai bien reçu la lettre hier. Je l’en remercie.

Bernard

Reçu également une très joli lettre de Linette qui ne dit rien de nouveau. Et Tatane ?

[1] Suisse, Rodolphe Töpffer (1799-1846), était pédagogue, écrivain, politicien et auteur de bandes dessinées. Il peut être considéré comme le créateur et le premier théoricien de cet art.
2] La Sainte Tante, nom donné dans la famille à Caroline Carré de Malberg née Colchen (1829-1891) fondatrice de la Société des filles de Saint François de Salle. Elle a été décrétée vénérable le 10 mai 2014, étape importante avant sa béatification.

 

 

 

 

 

Lettre de Bernard Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 6 novembre 1917.

Ce qui est sûr, c’est que Venise et Vérone ne sont plus bien loin du front et il faut pourtant espérer qu’on ne les détruira pas.

6 novembre 1917 6 heures

Ma chère Elisabeth

Comme tu vois j’écris à chacun de vous à tour de rôle et quoique ce soit une lettre de Maman que j’ai reçue ce matin, c’est aujourd’hui à toi que j’écris, du reste, je pense que ça revient au même ; pour moi du moins il en est ainsi car j’écris plutôt à vous trois qu’à l’un de vous. Je disais donc que j’ai reçu la lettre de Maman ce matin : comme toujours elle m’a fait bien plaisir et puisque l’autre jour elle essayait de te faire économiser du papier, de l’encre et des plumes, je te dirai que quant à moi je n’ai pas encore trouvé lieu d’économiser ma vue et j’ai trouvé fort agréable même d’avoir huit pages à lire. Je t’en remercie donc beaucoup et je n’oublie pas Maman dans ce remerciement. J’ai été content de savoir que ma lettre avait fait plaisir rue Margueritte et que tant de visites étaient venues distraire le pauvre Grand-Père. Mais par exemple la présence même de l’Oncle Edouard n’a pas pu m’expliquer comment 1 jour après avoir été dans un état assez inquiétant, Grand-Père a pu boire du Champagne,… surtout en temps de guerre ! et quand ce serait encore à la santé des absents ! Mais enfin cela prouve qu’il va mieux et qu’il n’a pas été aussi malade que j’avais cru le comprendre, j’en suis du reste très heureux.

Le recul italien nous a plus impressionné, par exemple, ici que Maman ne veut le faire croire et le passage du Tagliamento[1] que les journaux signalent ce matin n’est pas précisément de très bon augure. Il paraît cependant d’après des tuyaux très bien informés comme de juste que les Anglais et les Français ont déjà envoyé 180000 hommes. Qu’est-ce qu’il y a de vrai là dedans je n’en sais rien. Ce qui est sûr, c’est que Venise et Vérone ne sont plus bien loin du front et il faut pourtant espérer qu’on ne les détruira pas. Vous chauffez-vous convenablement en attendant et à cette minute même où je vous vois en imagination, installés autour de la lampe près de la cheminée dans le bureau, avez-vous une aussi agréable température que nous en ce moment d’étude? Pour la nourriture cela a bien été ces 2 derniers jours malgré mon appétit formidable. Je suis du reste arrivé à trouver plusieurs autres affamés de mon espèce qui sans oser le dire tout haut regrettent intérieurement que les plats soient si courts. Comme on n’a plus d’espoir que la maison du Vallar soit rendue avant Noël, nous pourrions peut-être arriver à faire grossir les portions !

Pour les classes, ça ne va pas mal. Enfin nous avons commencé le Troisième livre proprement dit de géométrie et je me suis un peu retrouvé en pays de connaissance après avoir pataugé bien longtemps. Les heures pour les répétitions de mathématique sont difficiles à trouver, par exemple, le professeur étant surchargé de travail car il a les classes de math spéciales, élémentaires et de secondes à faire ce qui n’est pas peu de chose. Rien de neuf pour la physique et l’orchestre, je vais en reparler à Monsieur Bertier ce n’est pas non plus commode, le professeur de physique faisant ce cours aux trois classes nommées plus haut et de mathématiques à la première ! Hier à l’orchestre nous avons joué du Lohengrinn entre autre l’air du Hibou de Schaffouse (sic). Certains élèves ont murmuré, mais quoiqu’en dise Maman je l’ai beaucoup admiré et aimé ! C’est difficile du reste mais très rythmé. Je suis le premier en composition d’Allemand avec note 14 : 10 fautes pour le thème mais la version bonne ! C’est effrayant et le second un nouveau également à 11. Le premier « rocheux » à 9. C’est glorieux…. (Pour nous tous du reste.)

Voilà pour les classes. Je ne vois du reste rien d’autre à dire. Le rhume va mieux, après une très pénible soirée dimanche, de rhumatismes et maux d’estomacs. Aujourd’hui promenade sous la pluie le ballon étant crevé (quelle joie !) Il me reste encore suffisamment de Gerandels[2] Maman n’a-t-elle pas une couverture élastique comme elle l’appelle d’un vieux livre. Il n’y aurait rien d’autre moins délicat et moins voyant pour d’incorrigibles ou couvertures de cuir ou d’étoffe. Quant au livre, je vais encore attendre. Il est commandé par l’école. Probablement que l’édition est épuisée, car les autres sont arrivés. Je ne t’en donne donc pas le titre et vais demander des renseignements.

J’ai idée que cela intéresserait beaucoup Oncle Louis de voir les Roches et en tous les cas je suis certain du contraire en remplaçant les Roches par moi. Sans le préférer à la visite de Maman. Mais enfin il part peut-être bientôt !. Ci-joint mon bulletin classé 1 des 4 très bien. Reçu ce soir une très gentille lettre de l’Oncle Félix qui ne me dit rien de spécial à part que Tante Hélène, Odile et Tatane sont pour jusqu’à la fin du mois à Lugrin[3] et qu’il a vu quelques taubades[4] de premier choix. Je vais répondre. Au revoir chère Elisabeth, je vous embrasse tous les trois de tout cœur

Bernard

[1] « Conformément au pacte de Londres signé le 23 avril 1915. L’Italie a déclaré la guerre, le 23 mai 1915, à l’Autriche-Hongrie et le 23 août 1916 à l’Allemagne. Sur leurs théâtres d’opérations, les Italiens se battent dans les Dolomites et le Frioul, sur la Piave, l’Izonso, sur le plateau d’Asiago.
Sous les coups des Allemands et des Austro-Hongrois, le front s’écroule à Caporetto le 24 octobre 1917. Par la brèche, l’ennemi progresse de 28 km la première journée et met en déroute les 2e et 3e armées royales du général Cadorna.
Devant la gravité de la situation, et pour respecter les accords alliés d’aide réciproque, le général Pétain, chef du Grand Quartier Général, envoie le 27 octobre des renforts vers le front italien. Ils sont commandés par le général Duchêne, avec l’état-major de la 10e armée. Le 31e C.A. (corps d’armée) fort des 64e, 65e D.I., 46e et 47e D.I. alpines, dix-sept groupes d’artillerie dont six de montagne et sept escadrilles, vont gagner l’Italie par la vallée de la Maurienne. Le 31 octobre, les premiers éléments parviennent en Italie. Le 1er novembre, le général Foch arrive à Rome puis gagne le G.Q.G. italien à Padoue où il séjourne jusqu’au 23. Le 20 novembre, un autre corps d’armée, le 12e, débarque en renfort avec le général Fayolle qui prend le commandement des troupes françaises dans un contexte tragique : les forces ennemies ont franchi le Tagliamento et atteint la Piave où les Italiens – dont la 2e armée a été détruite – se sont retranchés. La Grande-Bretagne envoie aussi cinq divisions en renfort au général Diaz qui a remplacé le général Cadorna. »http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-francais-en-italie-1917-1918
[2] Pastilles de Gerandel utilisées pour soigner la gorge.
[3] Commune du département de Haute Savoie.
[4] Transcription incertaine : mot peut-être forgé à partir de taube, avion de chasse et de bombardement allemand…

 

 

 

 

 

Lettre de Bernard Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 18 novembre 1917.

Jeudi prochain : composition d’Anglais, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire ?

Dimanche[1] 11h

Ma chère Elisabeth

Je rouvre ma lettre[2], pour y joindre un mot à ton intention. Je dois t’avouer que j’avais complètement oublié la Sainte Elisabeth. Et ce n’est que ce matin que l’Abbé lisant comme tous les dimanches le nom des saints qui ont leur fête pendant la semaine, m’a rappelé que le 17 était déjà demain. J’ai tant de choses en tête, vois-tu, qu’elle là m’avait échappé quoique j’y avait pensé il y a quelques temps.

Néanmoins tu peux croire que c’est de tout cœur, que je viens te souhaiter une bonne fête bine qu’elle ne pourra être que très triste puisque vous ne serez que deux demain. Cependant sais-tu que malgré la distance qui nous sépare je ne t’oublierai pas pour cette Sainte Elisabeth qu’autrefois nous célébrions joyeusement tous les cinq[3] réunis dans la salle à manger de Nancy autour d’un bon Kougelhopf[4] de Wursthorn. Et toi-même, ne pense demain qu’à ces vieux bons souvenirs pour oublier la tristesse tragique des ces temps présents.
Ce matin en me réveillant, j’ai déjà pensé que dans un mois juste, je serai déjà du côté de … (illisible) bien content de vous revoir pour de bon et pour longtemps.
Au revoir, je t’embrasse encore un fois bien fort.

Ton frère affectionné Bernard

J’ai reçu ce matin une lettre de Papa auquel je comptais écrire aujourd’hui. Bêtement persuadé qu’il ne revenait que dans quelques jours. Remercie le de ma part de sa carte et de cette lettre et dis lui que je regrette bien de ne pas avoir pensé plutôt à lui écrire.
Jeudi prochain : composition d’Anglais, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire ? Malgré un TB du professeur mes derniers n’étaient pas brillants tout ces derniers temps. Enfin advienne que pourra !

[1] Il s’agit du dimanche 18 novembre 1917 veille de la Sainte Elisabeth fêtée à l’époque le 19 novembre.
[2] Lettre envoyée à sa mère Marguerite et aujourd’hui disparue. La lettre à Elisabeth est sur une feuille volante.
[3] Raymond, Marguerite et leurs enfants : Elisabeth, Netty et Bernard. Netty est morte en 1912 à l’âge de 14 ans d’une méningite.
[4] Brioche alsacienne en forme de turban.

 

 

 

 

 

Lettre de Bernard Carré de Malberg à Elisabeth Carré de Malberg, 22 novembre 1917.

Mais avec quelles pertes ont-ils (les anglais) dû exécuter ce beau mouvement ! Certains journaux ne sont pas très rassurants là-dessus. En Palestine aussi les voilà qui ont accompli une jolie avance. Pensent-ils toujours au projet dont on avait parlé il y a quelques années de rétablir les Juifs à Jérusalem ? Quant aux Russes c’est le grand grabuge et ils s’y plaisent…

Jeudi 22 novembre 1917. 2h.

Ma chère Elisabeth

Je ne pensais pas vous écrire aussi longuement aujourd’hui, mais je n’ai de nouveau pas pu jouer au foot-ball aujourd’hui, à ma grande joie d’ailleurs. Mais ce qui me fait moins plaisir c’est que j’ai dû demander une dispense parce que le mauvais temps m’a de nouveau complètement détraquée. Je me suis réveillé ce matin avec un très fort mal de tête et, en sautant en bas de mon lit, j’ai retrouvé les douleurs qui m’avaient maintenant quitté depuis plus de 8 jours. Cela commence à devenir un peu trop fréquent, et je ne trouve pas que le climat de Normandie n’est vraiment pas très merveilleux pour moi[1]. C’est toutes les semaines que ça recommence chaque fois que la pluie se remet à tomber comme le communiqué anglais nous le signale malheureusement et avec détails.

C’est cependant une belle avancée qu’ils viennent d’accomplir vers Cambrai[2] et si elle continuait on pourrait la qualifier de victoire. Le nouveau moyen qu’ils ont employé, celui de la surprise semble avoir bien réussi jusqu’à présent, et, il est à remarquer que pour la première fois ils s’en sont tirés seuls ce qui est une d’autant meilleure nouvelle. Ce zèle serait-il vraiment motivé par le semblant d’activité dont les américains remplissent les journaux. Mais avec quelles pertes ont-ils dû exécuter ce beau mouvement ! Certains journaux ne sont pas très rassurants là-dessus. En Palestine aussi les voilà qui ont accompli une jolie avance. Pensent-ils toujours au projet dont on avait parlé il y a quelques années de rétablir les Juifs à Jérusalem ? Quant aux Russes c’est le grand grabuge et ils s’y plaisent, à l’invitation de Messieurs nos députés. Le ministre Vilgrain[3] est-il celui de Nancy ? Monsieur Bertier semblait le croire.

Encore une fois, merci de ta lettre, que comme tu peux le penser, j’ai lue avec grand plaisir. Une autre fois, si l’occasion s’en présente, écris-moi de préférence avec une mauvaise plume, je te lis infiniment plus facilement. Merci aussi de la lettre de Maman et de ce qui l’accompagnait. Mais vraiment, vous me donnez là toutes deux de bien mauvaises nouvelles de Grand-Père. Va-t-il un peu mieux maintenant. Je ne peux vraiment pas croire qu’après l’avoir vu encore relativement si bien portant au mois d’octobre, il ne puisse plus reprendre ce bon état. Tu lui diras, s’il te plait et aussi à la pauvre Grand-Mère qui doit bien se fatiguer à le soigner et tu les embrasseras tous deux de ma part.

Moi aussi, je me résigne difficilement à ne pas avoir de visite. Et je ne savais trop qu’espérer en ouvrant hier soir la lettre de Maman. Il est vraiment regrettable que cela se soit trouvé ainsi. Mais vous comprendrez certainement pourquoi je vous l’ai proposé. L’invitation me plaisait d’autant plus que le dit élève, dénommé Lunain[4], est un des meilleurs élèves de la classe et qu’ainsi je pense avoir d’intéressantes conversations avec lui et des relations par la même très agréables. Monsieur Bertier auquel Maman n’avait pas indiqué son nom, ne le connaissant pas, et lui disait qu’il habitait Verneuil en avait été assez intrigué. Et j’ai du reste cru sentir quand il m’en a parlé qu’il avait été assez étonné de la lettre. Tant pis après tout, qu’il en pense ce qu’il voudra ! La question était bien naturelle. Tu apprendras en outre que les parents de mon camarade habitent dans un fort joli château d’autant plus intéressant pour moi qui aime les vieilleries, que c’est un de ces vieux manoirs fortifiés comme on en voit en Bretagne avec des restes de fossés et de vieux murs à demi ruinés d’une ferme et d’une chapelle, couverts de lierre. On sent d’après la situation sur une petite hauteur qu’il y a eu là autrefois un fort important, qui n’a du reste plus rien de redoutable actuellement. L’intérieur assez joliment arrangé est très curieux en raison de l’épaisseur de tous les murs (1m 50 environ) dans lesquels sont taillés de véritables petites chambres pour chaque fenêtre. Les dépendances sont très vastes, bois prairies et champs souvent abandonnés malheureusement, tu vois qu’il y a de quoi s’amuser là pendant plus d’un dimanche. Ce qui est très curieux c’est que la vue du château est très riante, un genre Fontaine-Fleury en petit, au milieu d’un horrible plateau dans le genre de celui des Roches.

Maintenant voilà une bonne nouvelle qui va se traduire par un embêtement pour vous. Avez-vous déjà acheté mes pantoufles, comme je vous l’avais demandé ? et surtout les aurez-vous déjà envoyées quand vous aurez ma lettre ? Figurez-vous que ce matin, en faisant mon violon, ou plutôt en me reposant un instant, je fais le tour du dortoir, et… j’aperçois en m’approchant du calorifère quelque chose depuis par derrière dans les tuyaux. Je regarde et je retrouve une de mes pantoufles avec le nom presque complètement effacé ! le B et le G étant seuls nettement visibles, je me suis mis alors à retourner de nouveau tout le dortoir ce que j’avais déjà fait deux fois, ouvrant les tiroirs des camarades, dessous et aussi dans les lits. Après un premier tour je ne trouve rien. Mais malgré mon mal de tête, exaspéré, je recommence et cette fois, je trouve bel et bien la seconde pantoufle cachée au fond d’une commode sous un monceau de linge sale et d’objets pèle mêle, le nom également effacé. Qu’étaient devenus le reste du temps… ? D’autant plus que celle, cachée derrière la calorifère était très visible et aurait certainement attiré les regards… !

Une regrettable expérience a demandé à Monsieur Montassut[5] qui comme je le craignais et l’avais dit à Papa, ses cours en Français n’étaient pas suffisants. Il nous a en effet donné à repasser tout ce que nous avions vu depuis le commencement de l’année, pour une « colle » en Français. Et meilleure note a été 12 ¾. Je viens après avec 12 ½. 4 élèves seulement ont la moyenne. Et quelques uns parmi les meilleurs ont des 9 et des 8. Il n’en a naturellement pas été content et nous a dit qu’il voulait changer de méthode. C’est bien de sa part de le reconnaître. Espérons que cela va mieux marcher. Je suis du reste persuadé quant à moi que c’est parce qu’il ne donne pas de leçon de Français par semaine et que sous prétexte de nous apprendre à retenir vite, il nous fait apprendre en quelques instants en classe. Le résultat est que l’autre jour, lorsque je me suis retrouvé devant mon livre ayant deux heures devant moi pour repasser (les autres du reste n’ayant pas prévu à d’avancer avaient encore moins de temps) je me suis trouvé ne me rappelant plus rien du tout. Et il a fallu que je me remtte tou en tête pendant ce court laps de temps c’est à dire : l’analyse du Menteur et du Cid[6], les Grands Rhétoriqueurs, Marot et la Pléiade (ce qui d’ailleurs résumé n’est pas grand chose, mais il n’y a pas de résumés dans ce livre). Je crains qu’il n’ai la même surprise en histoire et en géographie qui ne s’apprennent pas dans les livres trop diffus comme notre Malet ou trop brefs comme le livre de géographie destiné à la sixième. J’ai commencé le livre des Contes de Hauff[7] en Allemand, le professeur les ayant plus spécialement conseillés que Schiller ou Goethe, parce qu’ils sont écrits dans une langue plus courante. C’est un peu enfantin malheureusement. Mais je comprends très facilement. Mes narrations sont remplies de fautes de grammaire, de déclinaisons d’adjectifs ou d’emploi des prépositions. Je me demande comment y remédier !
Au revoir, ma chère Piou, je t’embrasse de tout cœur ainsi que Papa et Maman.

Bernard

Maman se rappelle certainement qu’au moment de mon départ de Paris, je lui avais soustrait 10f ce qui rajouté aux 5f de Papa fait 15f à mettre sur mon compte.

[1] Sic
[2] La bataille de Cambrai se prolongera jusqu’au 7 décembre 1917 . Pour la première fois les britanniques utilisent des chars Mark IV (476). Il y eu de part et d’autres 45000 morts ou blessés, 10 000 prisonniers et 100 chars détruits… Mais la ligne Hindenbourg fut percée.
[3] Oui, sans doute. Ernest Vilgrain est né à Frouard en 1880. Il est ministre chargé du ravitaillement dans le gouvernement de Clemenceau de 1917 à 1920.
[4] Nom incertain.
[5] Maurice Montassut : ancien directeur de l’Ecole de l’Île-de-France, rejoint les Roches en 1914 et jusqu’en 1932.
[6] 2 Pièces de Pierre Corneille : Le Menteur est sa dernière comédie représentée en 1644 et le Cid une pièce tragi-comique représentée en 1637 au théâtre du Marais.
[7] Wilhelm Hauff (1802-1827). Ecrivain, il est précepteur des enfants du ministre de la guerre de Wurtemberg, Ernst Eugen von Huegel, pour eux, il écrit ses contes inspirés par les romans de Walter Scott.

 

 

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *