André craque: restons amis encore un certain temps…

Si sur le front militaire, la situation est toujours calme, André perd patience, et face aux reports successifs du voyage à Saint Gervais, il finit par y renoncer.
Eugénie Gürling, elle, semble  atteindre son but: être embauchée par la famille Carré de Malberg et quitter Foug, son usine d’obus, son bateau et sa mère. (Publié le 19 septembre 2018)

Note: Les lettres d’André à Elisabeth pendant cette période ont, pour la plupart, disparu. Cependant, on en trouve des échos dans ses réponses et dans les correspondances d’André avec sa mère, Caroline Jacquelin.

La famille Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917. La famille Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917.

La famille Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917. La famille Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917. A gauche, Elisabeth en robe blanche.

Lettre d’Elisabeth Carré de Malberg à André Jacquelin, 16 août 1917.

Mon Aimé, comme je voudrais que vous soyez là… Mais maintenant nous n’avons plus bien longtemps à attendre, n’est-ce pas !…

St Gervais – 16 août 1917

Mon Aimé chéri,

J’ai devant moi vos trois longues lettres auxquelles je veux répondre et j’ai beaucoup, beaucoup de choses à vous dire… Merci d’abord de m’avoir tant écrit ces jours-ci, vos lettres me sont des joies immenses, je les lis et les relis et ne me lasse pas de les relire encore ! C’est tellement bon de sentir nos coeurs si proches … Vous recevrez sans doute aujourd’hui ma carte de Samoëns et vous comprendrez pourquoi moi je n’ai pas pu vous écrire plus longuement cette semaine. Nous avons fait un beau tour de deux jours ; malheureusement en arrivant au col d’Auterne la vue était complètement cachée par les nuages, nous avons failli nous perdre à cause du brouillard et la journée s’est terminée par un orage formidable, nous sommes rentrés complètement trempés ! Hier j’aurais bien voulu vous écrire ; j’ai pensé à vous sans cesse, à votre anniversaire. J’aurais voulu savoir si vous aviez reçu ma lettre et les photographies… Mais je n’ai pas eu une seule minute de tranquillité : le matin nous avons eu une messe interminable et l’après-midi des visites qui m’ont bien ennuyée… J’aurais voulu être avec vous !

Ce matin enfin, ma première occupation est de vous écrire, mon petit chéri. Il fait un temps exquis, par ma fenêtre ouverte j’aperçois les glaciers de Miage si lumineux au soleil du matin et la vallée verdoyante à leur pied. Il y a dans l’air de la douceur et du bonheur, une tiédeur délicieuse. Pour la première fois, depuis un mois, j’ai remis une robe blanche ! Mon Aimé, comme je voudrais que vous soyez là… Mais maintenant nous n’avons plus bien longtemps à attendre, n’est-ce pas !…

Je compte les jours jusqu’au 5 septembre et cela n’en fait plus que 19 ! Mais, par moments, j’ai peur terriblement que quelque chose encore ne vous empêche de venir, que les permissions ne soient suspendues, que vous ne puissiez pas partir et je n’ose plus me réjouir…

André chéri, je relis vos lettres et il y a dans l’une d’elles deux petites phrases qui m’ont fait de la peine… Il me semble que vous n’avez pas encore confiance en moi, puisque vous me demandez encore d’interroger mon cœur, et puisque vous me dites : Elisabeth savez-vous combien je vous aime ? »

Mon Aimé, mon Chéri, ne savez-vous donc pas non plus combien moi je vous aime aussi ?… Combien vous remplissez mon cœur et ma vie… Combien vraiment vous êtes mon Aimé, mon Chéri ?…

Moi je ne doute plus de vous, j’ai senti la profondeur de votre amour, sa force, sa constance, je me repose toute en lui… Il y a en moi une quiétude exquise, je sais que vous m’aimez… Mais je voudrais mériter d’être tant aimée, je voudrais vous rendre tout ce que vous me donnez et je suis triste parce que je sens que je ne l’ai pas fait puisque vous doutez encore de moi…

André, vraiment, ai-je bien compris ce que vous vouliez me dire ? Votre cœur n’est-il pas certain du mien comme je le suis du vôtre ?

J‘ai aimé, mon Aimé, tout ce que, dans une autre lettre, vous m’avez écrit de vos aspirations. Vous savez que votre carrière de médecin m’est chère aussi ; vous m’en avez fait connaître toute la beauté, je dirais presque que je l’ai d’abord aimée en vous avant de vous aimer vous-même… Vous souvenez-vous qu’à Caen, les premiers temps que nous nous sommes connus, vous m’aviez beaucoup parlé tout de suite de votre avenir, de vos ambitions et vous m’aviez dit votre désir de faire le bien. Je n’ai pas oublié tout cela et je rêve aussi de nos vies assurées, plus belles et meilleures, plus fécondes parce qu’elles seront unies. Je voudrais vous aider de mes faibles forces de femme, mon Aimé, à faire votre carrière de médecin plus grande et plus belle, et je sens que si vous me le permettez, je m’intéresserai toujours à votre travail, à vos recherches, à votre effort vers le bien à faire.

Ne vous inquiétez pas, André, d’être jamais à mes yeux trop tourné vers le monde des idées et de la science. Je veux au contraire que vous soyez ainsi, je vous aime ainsi…

Ne me croyez pas non lus trop frivole, trop vaine… peut-être même ne le suis-je pas assez pour certains hommes !… Ne vous inquiétez pas non plus des bijoux que je pourrais aimer, je ne veux rien d’autre que cette bague que vous voulez me donner et puis votre cœur, mon Aimé chéri…

Plus tard, lorsque nous serons mariés, je voudrais essayer de vous décharger de toutes les questions matérielles, pour vous faire la vie plus facile et vous laisser l’esprit très libre. Mais y parviendrai-je ? C’est cela qui m’inquiète quelquefois !

Je suis bien bien curieuse de savoir ce que vous allez pensé de « Dorian Gray », cela m’amuse follement de savoir que vous allez lire ce livre et je suis à peu près persuadée qu’il ne vous plaira pas du tout… En tout cas, je vous préviens qu’étant une traduction de l’anglais, c’est plutôt mauvais comme style et puis, je crois que pour aimer ce livre il faut le lire et le relire !

Je viens d’achever ces jours-ci les « Lettres d’un soldat » c’est merveilleux… Comme Dorian Gray, ce soldat recherche aussi la Beauté, mais une beauté si différente ! Vous verrez car je voudrais que vous lisiez aussi ce livre (mais j’aimerais que vous le lisiez dans mon exemplaire) et, celui-là, je suis certaine qu’il vous touchera autant qu’il m’a touchée.
Au revoir, mon André chéri, bien tendrement je vous aime et je suis vôtre. Elisabeth

Pardon de la fin de ma lettre achevée en hâte.

Lettre d’André Jacquelin à Caroline Jacquelin, 17 août 1917.

Ce dîner fut excellent et profondément joyeux : il était servi par une charmante enfant qui était atteinte d’un léger strabisme tout à fait exquis, et c’est peut-être pour cela qu’elle faisait loucher un certain nombre de convives.

17 août 1917

Ma bonne petite Mère,

Jamais tu ne m’as accusé réception de deux lettres que je t’avais envoyées et qui concernaient des fragments du bulletin des armées ; je ne pense pas que quelque rigoureux censeur ait eu l’insigne bêtise de les arrêter, mais pourtant tout est possible en temps de guerre.

J’ai continué aujourd’hui les vaccinations et les ai même terminées, ce qui est une bonne corvée de faite. Hier soir nous sommes allés dîner dans une certaine hostellerie qui port nom de « Hôtel de l’Europe ». Un de mes amis offrait ce repas pour fêter sa nomination au grade de capitaine. Ce dîner fut excellent et profondément joyeux : il était servi par une charmante enfant qui était atteinte d’un léger strabisme tout à fait exquis, et c’est peut-être pour cela qu’elle faisait loucher un certain nombre de convives. – pas moi bien entendu puisque je suis un garçon sérieux et voué à l’horizon restreint mais par des joies matrimoniales.

Je suis rentré sagement vers 11h1/2 avec le vieux capitaine adjudant major qui manifestait quelque fatigue, mais le reste de la bande a continué à siffler le champagne jusqu’à une heure avancée de la nuit ou plutôt du matin. Soirée en somme rendue uniquement agréable par le contraste du champagne moussant dans une coupe légère, avec l’épais pinard dormant sans reflet, au fond d’un quart culoté, sorte de marécage – et qui est l’unique boisson à la période de l’avant[1], unique boisson pour les officiers en général, car moi je me fais faire du thé ou du tilleul, ce qui est infiniment meilleur pour la santé.

J’ai reçu hier d’Elisabeth une carte écrite en excursion ; mais elle me dit que le temps menace et que, en route pour le col de X…[2], elle craint d’être obligée de redescendre avant de terminer sa promenade. Ici également il a plu beaucoup hier et avant hier, mais aujourd’hui le temps est très beau et j’en ai profité pour faire un peu de cheval. Je t’ai écrit hier et avant-hier (15 et 16) – as-tu bien reçu mes lettres ?

A bientôt, ma chère petite Mère, je t’embrasse de tout mon cœur

Ton grand

André

Tante Jeanne est-elle rentrée de son voyage ?

[1] Période de l’avant : André veut dire période au front.

[2] Sic. André a, semble-t-il, lui aussi quelques difficultés à lire l’écriture d’Elisabeth…

 

 

 

 

 

 

Lettre d’André Jacquelin à Caroline Jacquelin, 22 août 1917.

Je ne suis pas étonné que Roger soit atteint de cafard en repartant de permission ; il n’est pas encore parvenu à ce haut degré de philosophie qui ne s’acquiert que par un séjour prolongé au Front.

22 août 1917

Ma bien chère petite Mère,

Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir, celle où tu me dis que tu as compris ce que je te demandais ; ne t’inquiète pas à ce sujet : j’ai demandé à Henri de m’écrire dans le sens que je t’indiquais et il m’a promis de le faire. Par conséquent ne t’inquiète pas et ne t’occupe de rien.
Malheureusement je ne peux absolument pas te fixer sur les deux coupes que tu as trouvées auprès du microscope, mais il me semble que ce n’est pas du tissu musculaire mais simplement des types de bacilles diphtériques ou d’associations fuso spirillaires prélevées sur une angine de Vincent. (préparation exécutée quand je me trouvais dans le service d’Aviraguet). Je ne crois pas posséder de coupes histologiques à la maison.
Pour les « Morticoles[1] » c’est, à mon avis, surtout une critique du service médical et plus particulièrement de celui des Hôpitaux de Paris. Daudet se fait là l’interprète de certains bruits qui couraient sur la cruauté et le cynisme de certains professeurs éminents qui sont censés se servir de leur malade comme de sujets d’expérience.

Mais il me semble que Daudet voit ces choses d’un oeil partial, ou si tu aimes mieux d’un œil grossissant, un peu comme Barbusse dans « le Feu » ou « l’Enfer » qui cherche certains détails de la réalité, détails sur lesquels il insiste au détriment de l’ensemble, ou encore comme Bourget dans ses romans à thèse ; romans où l’on sent bien que des détails de l’histoire sont notés et probablement inventés en vue de la thèse à soutenir. Au sujet des « bulletins des armées » je tâcherai ou bien de t’en envoyer avec mes livres, ou bien de t’en apporter lors de ma prochaine permission, de manière à satisfaire la curiosité de ton petit blessé. Je suis heureux que tu aies auprès de toi cette affection délicate et je suis bien reconnaissant à tous tes blessés de te faire paraître moins longs les intervalles de temps qui séparent mes permissions.
Je penserai aussi au kilo de sucre.
Pour le charbon, n’espères-tu pas t’en munir[2]?
Je voudrais bien que tu en possèdes une bonne provision, car je crains que l’hiver prochain ne soit bien plus dur encore que le précédent à ce point de vue.

Je ne suis pas étonné que Roger soit atteint de cafard en repartant de permission ; il n’est pas encore parvenu à ce haut degré de philosophie qui ne s’acquiert que par un séjour prolongé au Front. Quant à moi je me trouve toujours dans la même région où tu avais bien deviné ma présence lorsque j’y suis venu, il y a environ 2 mois.

Je suis beaucoup monté à cheval ces deux jours-ci ; j’ai essayé deux nouveaux chevaux, mais ils ne m’ont pas paru meilleurs que ma jument, je lui ai donc gardé la préférence et ma fidélité.
Je viens de recevoir à l’instant une très longue et fort gentille lettre d’Elisabeth ; quand elle me l’a écrite, elle ne se doutais pas encore du léger retard de ma permission ; je t’envoie la petite carte qu’elle écrite pendant son excursion en montagne. Il paraît qu’il y fait très beau maintenant mais ayons confiance pour septembre : il arrive que le temps y soit tout aussi beau qu’en août.
Mille bons baisers, ma chère petite Mère,

André

Merci pour les petites feuilles de papier.

[1] Roman de Léon Daudet : « Félix Canelon, parti à la découverte du monde, échoue sur l’île des Morticoles, le pays où les médecins règnent en maîtres. Pour survivre, il deviendra lui-même médecin, passant des concours, recourant aux Lèchements de pieds indispensables pour s’établir. » Grasset, les Cahiers Rouges.

[2] Allusion à la lettre du 11 août de Caroline (non reproduite ici) où elle écrit à propos des restrictions de charbon : « J’ai assisté hier soir à la réunion Charbonnière, le ministre n’a pas permis que notre bateau de 4000 tonnes parvienne à St Germain, il réquisitionne tout le charbon et le fera répartir dans les départements, et les maires dans les communes. On va déclarer ce qu’on a en cave et ceux qui ont une avance ne toucheront rien. C’est très juste. »

 

 

 

 

 

 

Lettre d’Eugénie Gürling à Elisabeth Carré de Malberg, 25 août 1917
(Orthographe conservée)

En atendant que je quitte Foug. Je resterez votre petite et sage Eugénie d’autrefois.

Foug le 25.8.1917

Ma chère Demoiselle

En reponse a votre aimable lettre qui ma bien fait plaisir davoir de nouveau de vos chères nouvelles j’ai fait part de votre lettre a Mamann.

Je vous fait reponse le plus franchement qu’il est en mon pouvoir. Croyez bien chère demoiselle que c’est de tout cœur que j’accepterais l’offre si genereuse que vous me faite. Mamann ne voulez pas parcequelle serait seule aux bateaux alors que lui ai fait comprendre que je quitte maintenant au plus tard. Car je ne veux plus voyagez sur les bateaux et ne plus travaillez a l’usine que tout cela netait pas des places pour moi. C’est pour cela que jai retardée de vous écrire Car il ma fallut décidée Mamann.

Maintenant je vous dirais Mademoiselle vous pouvez écrire a Mamann et bien lui espéliquet que se ne sont pas des places dètre a l’usine ni de voyagez car je suis sertaine quelle écoutera vos bons conseils.

Mamann doit allez a Paris voire ma petite niece fin d’octobre alors si vous sète rentré Mamann ira vous voire comme cela vous pourez parlez ensemble. En atendant que je quitte Foug. Je resterez votre petite et sage Eugénie d’autrefois.

Je termine ma présente pour ce jour en vous souhaitens une bien bonne santé et en vous enbrasens de tout cœur.

Eugénie Gürling

Félix Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917. Félix Carré de Malberg à Saint Gervais, août 1917.

Lettre d’André Jacquelin à Caroline Jacquelin, 29 août 1917.

… puisque Mr de M. préfère attendre la fin de la guerre pour que nous décidions ce mariage, il n’est plus si nécessaire en somme de hâter notre rapprochement, et nous resterons encore un certain temps ce que nos sommes : des amis. Cela simplifiera beaucoup nos relations.

29 août 1917

Ma chère petite Mère,

Je me suis aperçu hier qu’une de mes prémolaires commençait à se carier. Je suis donc allé voir le dentiste du régiment, un petit étudiant très sérieux qui me l’a soignée, a placé un pansement antiseptique à l’essence de girofle (cela sent la pastille Géraudel[1]) et ce matin je suis retourné le voir : il m’a dit que la pulpe s’était très bien cicatrisée et m’a placé un pansement au guta qui pourra attendre facilement un mois sans se détruire.

Je crois bien, ma chère petite Mère, qu’il va nous falloir renoncer au plaisir de ce voyage à St Gervais : c’est un peu ennuyeux, mais contre l’impossible nous ne pouvons rien et, pour ma part, je m’y suis facilement résigné. Je te recommande une philosophie analogue, et je vais écrire immédiatement à Henri pour lui faire savoir qu’il demande tout de suite sa perme pour le bord de la mer.

En compensation à cette nouvelle peu agréable, je t’envoie celle-ci que probablement je pourrai aller t’embrasser dans 13 ou 15 jours, si possible le dimanche 9 septembre ou le lundi 10. Cela n’est pas encore tout à fait certain, mais je vais m’efforcer de mettre à exécution ce projet, d’autant que ainsi nous resterons moins longtemps sans nous voir, entre mes deux permissions.
Petite compensation aussi : celle d’octobre aura 10 jours non compris les délais de route.
Et puis, que veux-tu, puisque Mr de M. préfère attendre la fin de la guerre pour que nous décidions ce mariage, il n’est plus si nécessaire en somme de hâter notre rapprochement, et nous resterons encore un certain temps ce que nos sommes : des amis. Cela simplifiera beaucoup nos relations.

D’après ce que j’entendais dire de source autorisée, il paraît que les Américains se préparent à outrance pour essayer d’imposer la paix avant d’entrer en ligne. C’est toujours ce que j’ai pensé : l’Allemagne comprenant qu’ils veulent nous aider d’une manière formidable pourrait bien céder devant la force de cette menace. Attendons donc avec patience et confiance l’avenir. Même si la guerre durait elle serait bien moins dure pour nous. Mais j’espère vraiment la paix pour cet hiver. La Russie aura sans doute le temps de se ressaisir, et nous aurons alors une paix digne de nous.
Jean me donne de ses bonnes nouvelles. Il espère venir dans le début de septembre. Je pourrai donc peut-être le voir si je viens t’embrasser et j’en serais bien heureux. Depuis que nous sommes remontés aux lignes, je n’ai encore eu qu’un blessé à soigner : un homme qui s’est tiré par inadvertance une balle de pistolet automatique juste dans le cou ; cette balle a dû frôler le larynx (pas de gêne à la respiration, voix normale) léser un peu l’œsophage (hématémèse[2] légère) et se loger devant la colonne vertébrale. Il ne présentait pas de symptômes inquiétants, mais je crains pour lui les infections secondaires partant de l’œsophage. Je n’ai guère de malade à soigner. Aussi ai-je le temps de lire et de faire de furieuses parties de dames avec mon vieux Baron (infirmier)

Ton grand fils qui t’embrasse de tout son cœur

André

[1] Auguste-Arthur Géraudel (1841-1906) mit au point une pastille à partir de goudron de Norvège, qui répondait aux problèmes de catarrhe bronchique de sa mère, et qui obtint un succès important dans la région de Sainte-Menehould.

Bien que la formule du composant fût connue depuis l’Antiquité, le succès de son médicament a été croissant. Cela était dû à la pureté que Géraudel avait réussi à atteindre grâce aux distillations, mais surtout à l’importante publicité qu’il fit: affiches nombreuses et variées, cartes postales, montgolfière, musique et même poésie, en utilisant la figure locale de sainte Ménehould pour promouvoir son produit : « Si vous toussez, prenez les pastilles Geraudel ».

[2] Vomissements de sang provenant du tube digestif.

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