On retrouve Marthe Grass

Nous avons commencé cette Conversation des Absents en publiant la longue lettre que Marthe Grass a tenue et qu’elle destinait à Elisabeth Carré de Malberg. Elle a été totalement coupée de ses amis pendant toute la guerre. Dans les premiers jours de 1919 elle écrit des lettres à Marie et Elisabeth Carré de Malberg, lettres qui racontent le retour de l’Alsace à la France, le début de la paix dans le petit coin du Canal, où se trouve la maison Carré de Malberg.
Ce sont les premiers signes d’une vie plus normale… (Publié le 24 novembre 2018)

Le livre de Caroline Jacquelin

Le livre de Caroline Jacquelin

Comme beaucoup de personnes à l’époque, Caroline Jacquelin possédait un livre dans lequel elle recopiait des textes poétiques ou édifiants en français et en anglais. Mais l’ouvrage de Caroline dévie de sa nature première. En effet,  s’il commence classiquement comme un recueil de citations, il se transforme  peu à peu en herbier, avant et pendant la guerre:  certaines pages sont marquées « souvenirs du front », sans doute des fleurs envoyées par André à sa mère. Il s’achève  comme un livre d’or de l’ambulance de Saint Germain où Caroline a été infirmière pendant toute la guerre.  Des blessés qui y ont été soignés ont pris le temps de témoigner leur reconnaissance, en indiquant leur nom, leur régiment, le lieu de leur blessure et plus rarement, en indiquant la nature de celle-ci. (publié le 24 novembre 2018)

Le plébiscite est fait !

Le plébiscite est fait !

Le 22 novembre les troupes françaises entrent dans Strasbourg et mettent fin à une période troublée: le drapeau rouge a flotté sur la cathédrale.
Avant même l’armistice, des troubles se sont  produits dans les principales villes d’Alsace. Des conseils d’ouvriers et de soldats (Soldaten und Arbeiterräte) d’inspiration marxiste se se sont formés à Mulhouse le 9 novembre, puis à Strasbourg, Colmar et ensuite Metz à partir du 10, sur le modèle de la Révolution allemande. proclame . Le socialiste Jacques Peirotes, élu maire de Strasbourg, à la tête du « soviet de Strasbourg » proclament devant la statue du général Kléber une « République d’Alsace-Lorraine » (Republik Elsaß-Lothringen en allemand).

Pour André la guerre s’achève… Il s’échappe en douce pour passer une nuit avec Elisabeth. On commence à parler vraiment du futur:  Noël en famille, la démobilisation, l’installation… (Publié le 22 novembre 2018…)

Ch. Lépeule, appariteur à l’université de Nancy.

Ch. Lépeule, appariteur à l’université de Nancy.

Un peu comme Eugénie Gürling  ou Dorvain, CH. Lépeule, appariteur à l’université de Nancy, est pour nous un correspondant sans lien direct avec la famille. Tout au long de la guerre il  écrit à Raymond Carré de Malberg en l’informant des dégâts causés par les bombardements sur Nancy et en surveillant l’état de la maison du Rond Point Lepois. La précision de ses rapports lui cause, parfois, quelques ennuis avec la police militaire peu dupe de son code plein d’humour. Nous reproduisons ici quelques uns de ses courriers.
Une manière de retraverser la guerre, depuis l’euphorie des débuts, jusqu’à l’armistice de 1918.(Publié le 16 novembre 2018)

C’est fini et si bien fini !

C’est fini et si bien fini !

l’Armistice est signée le 11 novembre 1918. André s’étonne déjà que les allemands aient accepté de telles conditions… Tout le monde laisse éclater sa joie même si elle est toujours tintée de tristesse, comme si en ce jour de fête, les morts étaient encore plus absents. On pense à François Carré de Malberg, à Jean Jacquelin, et à bien d’autres.

Célestine la femme de Chambre de Marie Carré de Malberg lui envoie une lettre écrite en gothique (une des rares lettres en allemand dans cette correspondance). On peut y voir le signe d’une schizophrénie bien alsacienne: le jour où s’annonce le retour de l’Alsace à la France… Mais le courrier de Maurice Jacques du 17 novembre et le carnet de Marguerite Carré de Malberg laissent déjà apparaître les premières difficultés et les premières incompréhensions:  ce retour de l’Alsace à la France ne sera pas si facile. (Publié le 15 novembre 1918).

On se demande si la guerre n’est pas près de finir

On se demande si la guerre n’est pas près de finir

André est à Creil, il est en stage à la maternité et visite les blessés qui bénéficient d’une permission de convalescence. En attendant d’être affecté sur le front. Les nouvelles qui en parviennent sont excellentes. Tout le monde s’en réjoui, et en premier lieu Elisabeth Carré de Malberg. Elle espère  pour son mari un retour au combat de courte durée. Elle n’ose pas encore rêver d’un autre retour, celui dans une Alsace française (ce qu’elle n’a jamais connu).
Chacun vaque à ses affaires, financière pour André et domestique pour Elisabeth. Elle a tenté de prendre à son service Eugènie Gürling… mais apparemment l’essai n’a pas été concluant, et Eugénie est retournée à Foug qu’elle déteste… (Publié le 12 novembre 2018).

Installation à paris

Installation à paris

Septembre 1918, André est affecté au Gouvernement militaire de Paris, et paradoxalement pour cela il a dû se rendre à Rouen. En attendant d’y être reçu, il écrit à sa mère. Dans cette lettre, il porte un terrible jugement, bien dans le goût de l’époque, sur la valeurs des troupes alliées. Pour mémoire, les pertes britanniques se sont élevées à 735000 hommes pendant le conflit et les écossais n’étaient-il pas surnommés par les allemands les « ladies from hell »?
L’état nauséeux d’Elisabeth ne laisse plus de doute sur son état: elle est enceinte. Le jeune couple s’installe provisoirement Avenue Hoche chez les parents d’Elisabeth restés à Saint Gervais. Raymond écrit à André, une lettre dans son style inimitable où se mêlent à des considérations matérielles et financières, des remarques très personnelles sur son caractère et son affection naissante pour son gendre. (Publié le 12 novembre 1918)

Août, convalescence prolongée…

Août, convalescence prolongée…

André passe devant la commission de prolongation des convalescences et obtient 15 jours de plus de repos. Il est ravi d’autant que les nouvelles du front sont excellentes « Les Allemands sont en train de recevoir une pile de première grandeur » écrit-il. Il annonce à sa mère, qu’ Elisabeth et lui, prolongent leur séjour à Saint Gervais… (Publié le 9 novembre 2018)

Bob Fabars prisonnier

Bob Fabars prisonnier

Depuis la fin mai, nous avons perdu de vue Bob Fabars (alias Paul-Louis Valentin). C’est parce qu’il a été blessé et fait prisonnier vers le 15 juin 1918. Dans une longue lettre, il donne la liste assez vertigineuse de ses demandes d’objets et de victuailles, liste qui n’est pas sans rappeler les demandes de Bernard Carré de Malberg lors de son bref séjour fin 1917 au pensionnat de l’Ecole des Roches… On imagine dans le camp de prisonnier une ambiance digne de « la Grande Illusion » de Renoir.

Plus sérieusement Bob Fabars risque sa vie si on découvre que sous cette identité se cache un alsacien déserteur de l’armée allemande. Même si on ne comprend pas toujours bien la stratégie, il s’emploie  à brouiller les pistes, par exemple,  en envoyant à la même personne, « son père » deux lettres le même jour à deux adresses différentes (la carte est envoyée de manière fantaisiste à « Cette Herault » qui semble bien être un jeu de mot (« Cet héro »)… ou en prétendant que ne parlant pas allemand, il doit se mettre au russe… (Publié le 9 novembre 2018)