On se demande si la guerre n’est pas près de finir

On se demande si la guerre n’est pas près de finir

André est à Creil, il est en stage à la maternité et visite les blessés qui bénéficient d’une permission de convalescence. En attendant d’être affecté sur le front. Les nouvelles qui en parviennent sont excellentes. Tout le monde s’en réjoui, et en premier lieu Elisabeth Carré de Malberg. Elle espère  pour son mari un retour au combat de courte durée. Elle n’ose pas encore rêver d’un autre retour, celui dans une Alsace française (ce qu’elle n’a jamais connu).
Chacun vaque à ses affaires, financière pour André et domestique pour Elisabeth. Elle a tenté de prendre à son service Eugènie Gürling… mais apparemment l’essai n’a pas été concluant, et Eugénie est retournée à Foug qu’elle déteste… (Publié le 12 novembre 2018).

Installation à paris

Installation à paris

Septembre 1918, André est affecté au Gouvernement militaire de Paris, et paradoxalement pour cela il a dû se rendre à Rouen. En attendant d’y être reçu, il écrit à sa mère. Dans cette lettre, il porte un terrible jugement, bien dans le goût de l’époque, sur la valeurs des troupes alliées. Pour mémoire, les pertes britanniques se sont élevées à 735000 hommes pendant le conflit et les écossais n’étaient-il pas surnommés par les allemands les « ladies from hell »?
L’état nauséeux d’Elisabeth ne laisse plus de doute sur son état: elle est enceinte. Le jeune couple s’installe provisoirement Avenue Hoche chez les parents d’Elisabeth restés à Saint Gervais. Raymond écrit à André, une lettre dans son style inimitable où se mêlent à des considérations matérielles et financières, des remarques très personnelles sur son caractère et son affection naissante pour son gendre. (Publié le 12 novembre 1918)

Août, convalescence prolongée…

Août, convalescence prolongée…

André passe devant la commission de prolongation des convalescences et obtient 15 jours de plus de repos. Il est ravi d’autant que les nouvelles du front sont excellentes « Les Allemands sont en train de recevoir une pile de première grandeur » écrit-il. Il annonce à sa mère, qu’ Elisabeth et lui, prolongent leur séjour à Saint Gervais… (Publié le 9 novembre 2018)

Bob Fabars prisonnier

Bob Fabars prisonnier

Depuis la fin mai, nous avons perdu de vue Bob Fabars (alias Paul-Louis Valentin). C’est parce qu’il a été blessé et fait prisonnier vers le 15 juin 1918. Dans une longue lettre, il donne la liste assez vertigineuse de ses demandes d’objets et de victuailles, liste qui n’est pas sans rappeler les demandes de Bernard Carré de Malberg lors de son bref séjour fin 1917 au pensionnat de l’Ecole des Roches… On imagine dans le camp de prisonnier une ambiance digne de « la Grande Illusion » de Renoir.

Plus sérieusement Bob Fabars risque sa vie si on découvre que sous cette identité se cache un alsacien déserteur de l’armée allemande. Même si on ne comprend pas toujours bien la stratégie, il s’emploie  à brouiller les pistes, par exemple,  en envoyant à la même personne, « son père » deux lettres le même jour à deux adresses différentes (la carte est envoyée de manière fantaisiste à « Cette Herault » qui semble bien être un jeu de mot (« Cet héro »)… ou en prétendant que ne parlant pas allemand, il doit se mettre au russe… (Publié le 9 novembre 2018)

Le voyage de noce

Le voyage de noce

Bien que marié, André n’en continue pas moins à écrire quotidiennement à sa mère, même si le choix de la carte postale de la Grande Chartreuse semble paradoxale, et contraste avec son évident bonheur. Il tente de lui montrer que les liens d’affection qui les unis subsistent malgré son mariage. Il multiplie les références à ses souvenirs d’enfance et à son père.

La nouvelle de sa citation à l’ordre de l’armée est officielle. Il en est très fier et savoure les félicitations de sa belle famille.

3 juillet 1918, le mariage!

3 juillet 1918, le mariage!

Le 3 juillet 1918,  Elisabeth et André se marient! Il fait 1/2 beau, comme le note Marguerite Carré de Malberg dans son carnet.
Mariage de temps de guerre,  peu d’invités sont venus jusque dans les montagnes de Savoie. Les parents très proches (protagonistes de cette conversation des absents)  sont réunis autour des jeunes mariés. Peu de lettres donc mais des documents parfois surprenants ont traversé le siècle: la liste des courses d’Elisabeth, les horaires de train d’André et, plus classiquement, des photos et des télégrammes de félicitations. (Publié le 9 novembre 2018)

Contrat de mariage

Contrat de mariage

Parenthèse dans la relation au jour le jour de l’histoire d’Elisabeth Carré de Malberg, on retrouve ici le notaire Mathieu Merklen et la rédaction du contrat de mariage. On voit dans cette ensemble de lettres les difficultés à établir, en temps de guerre, un acte officiel, assez banal. Ces lettres du notaire de famille Merklen à Raymond et Marguerite Carré de Malberg en disent long aussi sur la question de l’argent, qui est prise sérieusement en compte à l’époque,  dans les unions matrimoniales. Mathieu Merklen est un ami de longue date de Raymond (depuis ses études?) à qui il n’hésite pas à demander des services.  Il répète régulièrement en fin de lettre son mantra: Courage et confiance. (Publié le 8 novembre 2018)

Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André

Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André

André est évacué à Dijon, il subi le contre coup de la tension des derniers jours de la « bagarre » au front et le choc de sa blessure. Il semble déprimé et triste. Il attend Caroline Jacquelin et Elisabeth Carré de Malberg qui se préparent à venir lui rendre visite.

Ensuite, Elisabeth poursuivra ensuite son chemin vers Saint Gervais pour finir les préparatifs du mariage, en espérant que les dernières difficultés seront levées…

Le 29 juin par un télégramme André annonce son arrivée prochaine en Savoie « Convalescence 45 jours Arrivons dimanche André ». (Publié 7 novembre 2018)